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Innover pour prévenir : la R&D au cœur de la stratégie de Gigalab

Tests VIH, malaria, monkeypox… Depuis la pandémie, les capacités locales de diagnostic sont devenues un levier stratégique de souveraineté sanitaire. Dans cet élan, le laboratoire marocain Gigalab multiplie les innovations en recherche appliquée, en lien avec des institutions locales et des besoins sanitaires bien identifiés.

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Dans un écosystème encore largement dépendant des importations, le pari de l’innovation locale reste un défi. À travers son engagement en R&D, Gigalab tente d’y répondre avec des solutions de dépistage pensées pour les réalités africaines. Un axe stratégique amorcé pendant la crise du Covid-19, avec la mise sur le marché d’un test salivaire accessible au grand public, développé en urgence et validé par les autorités sanitaires. Ce test, simple d’utilisation et produit localement, avait été salué pour sa contribution à la prévention communautaire.

Depuis, le laboratoire s’est spécialisé dans la conception de tests rapides pour les maladies infectieuses majeures. VIH, paludisme, hépatites ou variole du singe : autant de pathologies pour lesquelles Gigalab a lancé des produits fabriqués localement. Le dernier en date, le GLD HIV-1+2, est le premier test VIH made in Morocco autorisé par l’Agence marocaine des médicaments et produits de santé. Il repose sur une technologie d’immunochromatographie et affiche un haut niveau de sensibilité, avec une production pouvant atteindre jusqu’à un million d’unités par mois.

Au-delà des tests, Gigalab s’est également lancé dans la production de milieux de culture prêts à l’emploi, essentiels pour le contrôle microbiologique en médecine, pharmacie et industrie agroalimentaire. Une activité jusque-là entièrement tributaire des importations, notamment pendant les périodes de pénurie rencontrées lors de la pandémie. Désormais, plusieurs laboratoires marocains, publics et privés, s’approvisionnent localement.

Cette capacité de production repose aussi sur des partenariats ciblés. Le laboratoire collabore notamment avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé pour co-développer de nouveaux outils diagnostiques plus accessibles. Objectif : accélérer la réponse en cas d’épidémie, comme ce fut le cas pour le monkeypox. En moins de deux semaines après l’alerte lancée par l’OMS, Gigalab parvient à livrer un test fonctionnel, aujourd’hui utilisé dans les postes frontières du Royaume. D’après les essais menés en République démocratique du Congo, la solution marocaine présente une sensibilité largement supérieure à celle de certains tests américains et européens.

Pour autant, les freins à l’innovation ne sont pas que techniques. L’entreprise déplore l’absence de préférence nationale dans les appels d’offres publics, et pointe le manque de dispositifs incitatifs permettant de consolider une production locale pourtant stratégique. Sans reconnaissance institutionnelle ni débouchés clairs, le risque est grand de voir ces efforts d’innovation rester marginaux, alors qu’ils pourraient contribuer à bâtir une réponse sanitaire durable, au Maroc comme sur le continent.