35 % des startups du Technopark opèrent déjà à l’international, sur des marchés en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord. Derrière ce chiffre, un réseau de partenariats tissé sur trois continents pour transformer l’accompagnement local en tremplin international.
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Le Technopark ne prépare pas ses startups à l’international. Il les y emmène. Programmes de soft landing, immersions dans des écosystèmes étrangers, mises en relation avec des investisseurs et des partenaires hors frontières : l’internationalisation n’est pas un prolongement de l’accompagnement, elle en est un axe central. « Le Technopark se positionne comme un accélérateur d’internationalisation, facilitant la projection des startups marocaines à l’international », résume Lamiae Benmakhlouf, directrice générale du Technopark.
Les chiffres lui donnent raison : « 35 % des startups accompagnées opèrent à l’international, illustrant leur montée en maturité et leur capacité à adresser des marchés globaux». Pour faire fonctionner cette mécanique, le Technopark s’appuie sur un maillage de partenariats avec des hubs d’innovation, des réseaux internationaux et des institutions répartis sur plusieurs continents.
L’IASP : la carte de membre qui ouvre les portes
Premier ancrage : l’adhésion à l’IASP, l’Association Internationale des Parcs Scientifiques et Zones d’Innovation. Fondée en 1984, l’association regroupe plus de 400 membres dans 77 pays et connecte un réseau de 142 000 entreprises à travers le monde. Le Maroc n’y figure pas en simple observateur. Lamiae Benmakhlouf a siégé au Conseil d’Administration de l’IASP entre 2019 et 2021 et préside actuellement le Board des Conseillers de l’association.
Cette position donne au Technopark un accès direct à une communauté mondiale de parcs technologiques et de districts d’innovation, et inscrit les startups marocaines dans des dynamiques de coopération et de transfert technologique à l’échelle globale. Concrètement, cette appartenance facilite les échanges de bonnes pratiques entre parcs, la mise en relation entre écosystèmes et l’identification d’opportunités de collaboration pour les startups des deux côtés.
Marseille : la porte d’entrée européenne
Le partenariat le plus abouti reste celui noué avec La Métropole Aix Marseille Provence à travers deux accélérateurs régionaux Marseille Innovation et l’Accélérateur M dans le cadre du programme Soft Landing Provence Africa Connect. Lancé en 2019, ce dispositif permet aux startups marocaines de s’immerger dans l’écosystème d’innovation d’Aix-Marseille-Provence : rencontres avec des partenaires et investisseurs, exploration du marché européen, accompagnement à l’implantation.
Les résultats sont tangibles : plusieurs entreprises du Technopark ont ouvert des filiales en France grâce à ce programme. Six startups de la diaspora ont également été accompagnées dans le cadre de Meet Africa 2, un programme conjoint entre Marseille Innovation et le Technopark, et sont aujourd’hui opérationnelles entre le Maroc et Marseille.
En 2025, 17 startups africaines ont bénéficié d’une semaine d’immersion à Marseille, entre sessions de pitchs, visites de hubs d’innovation et rencontres avec des investisseurs. Le Technopark envoie chaque année une délégation à Emerging Valley, le sommet euro-africain de la tech, qui constitue un point de rencontre entre startups, investisseurs et décideurs des deux rives de la Méditerranée. Ce partenariat marseillais illustre un modèle que le Technopark cherche à répliquer : des programmes concrets, avec des résultats mesurables, qui débouchent sur des implantations réelles.
De la Méditerranée au Golfe : élargir le spectre
La stratégie d’ouverture ne s’arrête pas à la rive nord de la Méditerranée. Le Technopark développe des collaborations avec Málaga TechPark en Espagne, créant des passerelles supplémentaires vers l’écosystème technologique européen. En Italie, le programme Lab Innova offre aux startups un cadre d’immersion et de mise en relation avec des partenaires industriels et technologiques.
Plus à l’est, des coopérations sont en place avec des écosystèmes en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar, à travers le programme Qatar Global Innovation Link. Dans ces régions à forte dynamique technologique et financière, les startups marocaines accèdent à des opportunités de visibilité, de connexion avec des investisseurs et d’exploration de nouveaux marchés.
Le programme ETAP (Export Tech Acceleration Program) complète ce dispositif en préparant les startups en amont : structuration de l’offre à l’export, stratégie d’internationalisation, accompagnement à l’entrée sur les marchés étrangers. Un parcours qui transforme des startups pensées pour le marché local en entreprises capables de se déployer sur plusieurs géographies.
Un connecteur à double sens
Le Technopark ne projette pas seulement ses startups vers l’extérieur. Il joue aussi le rôle inverse. « Le Technopark agit également comme un point d’entrée pour les startups internationales souhaitant s’implanter au Maroc, notamment celles de la diaspora, renforçant ainsi les flux d’innovation et d’investissement », souligne Lamiae Benmakhlouf.
Les entrepreneurs de la diaspora marocaine, qui apportent des expériences, des réseaux et des standards internationaux, trouvent dans le Technopark un ancrage local pour déployer leurs projets sur le marché marocain et, de là, adresser le continent africain. Ce flux dans les deux sens crée un écosystème ouvert, où les talents, les idées et les capitaux circulent au-delà des frontières.
Cette double fonction, projeter les startups marocaines vers l’international et attirer les projets étrangers, positionne le Technopark comme un connecteur d’écosystèmes à l’intersection de l’Afrique, de l’Europe et du Moyen-Orient. Le Maroc construit progressivement une position de plateforme régionale de l’innovation. Le Technopark en est l’un des architectes.
