Aide sociale directe : un an de maintien pour faciliter la transition vers l’emploi

Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, a indiqué que la mise en œuvre du système d’aide sociale directe a révélé, sur le terrain, plusieurs difficultés liées principalement au rapport entre le bénéfice de cette aide et l’accès au marché du travail. Selon lui, certains bénéficiaires hésitent à accepter un emploi par crainte de perdre cette aide, tandis que d’autres peuvent demander à leurs employeurs de ne pas les déclarer afin de continuer à en bénéficier.

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Karim El Haddady / TelQuel

Lors de la présentation, ce jeudi à la Chambre des conseillers, du projet de loi n°041.26 modifiant et complétant la loi n°58.23 relative au système d’aide sociale directe, Lekjaa a affirmé que ces problématiques ont été soulevées dans les débats au niveau des deux Chambres du Parlement, ainsi que dans le débat public, ce qui a rendu nécessaire la révision de certaines dispositions.

Le ministre délégué a expliqué que l’amendement proposé vise à rassurer les familles bénéficiaires de l’aide sociale directe, dont le nombre avoisine les 4 millions, en leur garantissant que l’accès à l’emploi n’entraînera pas une perte immédiate de l’aide. Il a souligné que tout bénéficiaire trouvant un emploi pourra l’intégrer tout en continuant à percevoir l’aide pendant une durée qui sera fixée par décret, précisant que cette durée sera d’un an.

Lekjaa a ajouté que le choix d’une durée d’un an, plutôt qu’une période plus courte, s’explique par le fait qu’un salarié qui accède au marché du travail et est déclaré auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a besoin d’au moins six mois pour bénéficier des allocations familiales. L’objectif de cette mesure, a-t-il précisé, est d’offrir au bénéficiaire une marge de sécurité et de l’encourager à rejoindre le marché du travail sans craindre de perdre immédiatement son soutien.

Le responsable gouvernemental a également indiqué que le bénéficiaire qui perd son emploi, pour quelque raison que ce soit — qu’elle soit liée à l’entreprise, à la conjoncture économique ou à d’autres facteurs — retrouvera automatiquement le bénéfice de l’aide sociale directe, même s’il a travaillé pendant un ou deux ans avant de quitter son emploi.

Lekjaa a souligné que cette révision vise à lever les appréhensions des familles bénéficiaires et à les encourager à s’intégrer dans le marché du travail. Il a insisté sur le fait que l’objectif n’est pas que les familles vivent avec des montants de 500, 700 ou 1000 dirhams, mais de les aider à s’intégrer économiquement, à accéder à l’emploi et à améliorer leur situation sociale.

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Dans ce contexte, le ministre délégué chargé du Budget a rappelé que l’aide sociale directe constitue l’un des piliers de la réforme sociale, qui a fait de la justice sociale l’un des fondements essentiels de la construction du Maroc de demain et de la consolidation des bases de l’État social moderne.

Lekjaa a poursuivi en affirmant que ce programme a permis, depuis son lancement, de couvrir près de 4 millions de familles et 5 millions d’enfants, pour une enveloppe mensuelle d’environ 2,2 milliards de dirhams. Il a précisé que le total des crédits consacrés à cette aide depuis son lancement en 2023 avoisine les 62 milliards de dirhams.

Il a ajouté que la véritable lecture de ces chiffres ne doit pas se limiter à des indicateurs financiers ou à des montants mobilisés, mais qu’il faut les considérer comme un moyen et un outil permettant d’opérer une transformation sociale profonde, de renforcer les bases de l’État social et d’atteindre les objectifs fixés.

Le ministre délégué a enfin relevé que cette réforme, à l’image des autres grandes réformes, repose sur l’accumulation et que ses effets se poursuivront à travers les mandats gouvernementaux successifs, aujourd’hui comme à l’avenir. Il a noté que l’expérience de sa mise en œuvre impose des lectures attentives et des ajustements réguliers afin d’atteindre les objectifs escomptés.

Il a conclu que le débat restera ouvert sur ce sujet, estimant que rien n’est définitif ni figé dans cette expérience. Selon lui, il est nécessaire de disposer de mécanismes complets de lecture et d’évaluation afin de corriger ce qui a montré ses limites et d’améliorer ce qui était pertinent à un moment donné, loin de toute lecture restrictive.