Cybersécurité made in Morocco : la stratégie gagnante de Dataprotect à l’international

À l’occasion du Gitex Africa 2025, Ali El Azzouzi, PDG de Dataprotect, leader africain de la cybersécurité, partage sa vision sur l’internationalisation de son entreprise après l’ouverture d’une nouvelle filiale à Dubaï. Il revient sur les enjeux stratégiques de la cybersécurité pour l’Afrique, et l’avenir du secteur dans le cadre de la stratégie Maroc Digital 2030.

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Dataprotect renforce sa présence au Golfe avec une nouvelle filiale à Dubaï. Quelle est la stratégie derrière cette expansion ?

Ali El Azzouzi : Dubaï est pour nous un hub stratégique pour adresser les marchés du Golfe, où la demande en cybersécurité est en forte croissance. Après Paris en 2016 et Abidjan en 2022, cette nouvelle filiale nous rapproche des clients du CCG. En capitalisant sur notre expertise, notre retour d’expériences et nos nombreuses accréditations mondialement reconnues, nous pensons que notre proposition de valeur est parfaitement alignée avec les besoins de nos clients dans la région. En 2024, 60 % de notre chiffre d’affaires de 250 millions de dirhams qui a connu une croissance de plus de 20% provenait de l’export.

Quels leviers avez-vous actionné pour booster votre croissance soutenue à l’international ?

Deux piliers : le capital humain et les accréditations. Nous employons 200 collaborateurs, dont 150 experts dédiés à la cybersécurité. Côté certifications, nous sommes, à titre d’exemple, la seule entreprise africaine accréditée PFI (Payment Forensic Investigator). Ce label, combiné à d’autres accréditations telles que PASSI, PCI QSA, PCI PIN,PCI 3DS, PCI QPA, PCI SSF, PCI CP renforcent notre crédibilité auprès de clients exigeants dans des secteurs critiques comme la finance, l’assurance, les télécoms, l’énergie, etc.…

Pourquoi maintenir votre Security operations center (SOC) à Casablanca malgré votre développement à l’étranger ?

Parce que c’est notre colonne vertébrale. Notre SOC basé à Casanearshore assure une supervision continue 24h/24 des cybermenaces pour des clients au Maroc, en Afrique et en Europe. Actuellement, nous supervisons plus d’un million d’événements par seconde. Nous avons d’ailleurs investi dans une infrastructure avec une capacité de tripler le volume des événements à superviser sans faire de l’extension. Le SOC symbolise notre engagement pour une souveraineté numérique ancrée en Afrique. Casablanca reste un vivier de talents en cybersécurité, et le Maroc est en train de structurer un écosystème prometteur qui non seulement capable d’adresser la demande locale, mais aussi de rayonner à l’international.

Quel regard portez-vous sur la place accordée à la cybersécurité dans la stratégie Maroc Digital 2030 ?

Le Maroc a connu des avancées notables en matière de cybersécurité. En 2024, le royaume s’est distingué d’ailleurs pour être le seul pays du Maghreb classé dans le Tier 1 selon le classement mondial du Global Cybersecurity Index. Cette avancée a couvert les cinq dimensions évaluées : le cadre juridique, les aspects techniques, l’organisation, le développement des compétences et la coopération. Signalons par ailleurs que cette progression est le fruit de réformes structurantes, comme la loi 05-20 et surtout la stratégie nationale de cybersécurité pilotée par la DGSSI, rendue publique en juillet 2024. Son intégration dans la feuille de route Maroc Digital 2030 est une démarche pertinente qui renforce la cohérence des politiques publiques dans ce domaine.

Cybersécurité et souveraineté : l’engagement panafricain d’Ali El Azzouzi

Ali El Azzouzi est une figure emblématique de la cybersécurité au Maroc. Fondateur en 2009 de Dataprotect, société spécialisée dans le domaine de la cybersécurité, il dirige aujourd’hui une équipe de plus de 200 personnes avec un chiffre d’affaires de 250 millions de DH, dont 60 % à l’export. Titulaire d’un MBA en e-Business (Université Laval, Canada) et certifié PCI QSA, PCI 3DS, PCI PFI, CISA,CISM ISO 27001, il a démarré sa carrière à Montréal avant d’intégrer British Telecom. Il est l’auteur du livre La cybercriminalité au Maroc (2010).