En moins de deux ans, Riviera est passée de 14 à près de 60 lits. Comment transformer une clinique historique sans perdre son ADN médical ?
La Clinique Riviera disposait d’un capital médical solide, construit depuis près de trois décennies autour de la gynécologie-obstétrique. Notre objectif n’était pas d’effacer cet héritage, mais de l’élargir. Casablanca a besoin d’établissements capables d’offrir une prise en charge globale, structurée et mieux intégrée.
Nous avons donc renforcé le plateau technique : blocs opératoires, salles d’accouchement, urgences, imagerie, endoscopie, soins intensifs et réanimation. La croissance n’a de sens que si elle améliore le parcours du patient et les conditions d’exercice des praticiens.
L’ambulatoire s’impose comme un marqueur de modernisation hospitalière. Pourquoi l’hospitalisation de jour devient-elle centrale dans votre modèle ?
L’ambulatoire n’est pas une médecine allégée. C’est une médecine plus organisée, plus précise, qui impose des protocoles rigoureux. Lorsque l’état du patient le permet, réduire la durée d’hospitalisation est un progrès médical et humain.
L’hôpital de jour permet de réaliser certains actes chirurgicaux ou diagnostiques avec un retour à domicile le jour même. Cela réduit le stress du patient, limite l’exposition aux risques liés à l’hospitalisation prolongée et améliore l’efficience de l’établissement. Ce modèle suppose un plateau technique fiable, des équipes formées et un suivi postopératoire strict.
Riviera reste associée à la gynécologie-obstétrique. Comment ce socle historique devient-il un pôle de prise en charge des cas complexes ?
C’est l’ADN historique de la clinique. Nous l’avons conservé, tout en le renforçant. L’enjeu est aujourd’hui de prendre en charge des situations complexes : grossesses à haut risque, complications maternelles, urgences obstétricales, naissances prématurées et grande prématurité.
La réanimation néonatale est un axe majeur. Prendre en charge un grand prématuré et lui donner une chance de vie sans séquelles est un défi médical, technologique et humain d’une intensité rare. Cela exige des équipements adaptés, une surveillance continue et des équipes formées à des situations où chaque minute compte. Notre promesse est claire : tendre vers zéro séquelle évitable.
Comment Elabera Clinics veut-il positionner Casablanca sur le marché du tourisme médical ?
Le Maroc dispose d’atouts réels : proximité avec l’Europe, diaspora importante, positionnement africain et compétences médicales reconnues. Mais le tourisme médical ne peut pas reposer uniquement sur un avantage de coût. Il doit se construire sur la qualité, la sécurité, la transparence et l’accompagnement du patient.
Notre positionnement concerne des spécialités où Casablanca peut être crédible : gynécologie-obstétrique, chirurgie plastique réparatrice et esthétique, PMA, chirurgie interventionnelle et, demain, chirurgie cardiaque. La demande existe au Maroc comme à l’international. Notre rôle est d’y répondre dans un cadre médical rigoureux.
Elabera Clinics veut passer d’une clinique à un réseau. Quel modèle de croissance souhaitez-vous construire avec les médecins et les investisseurs ?
Notre ambition est de développer au Maroc un réseau de cliniques multidisciplinaires de haut niveau, autour de trois piliers : expertise médicale, qualité de service et technologies de pointe. Riviera est une première étape.
Nous sommes ouverts à des partenariats avec des médecins, des investisseurs privés, des acteurs institutionnels et des partenaires internationaux. La santé demande des capitaux, mais aussi une vision de long terme. Nous voulons bâtir des plateformes médicales capables d’attirer les praticiens, de répondre à une demande croissante et de contribuer au rayonnement médical du Maroc.
