Projet « SAMU » : un syndicat dénonce l'absence de concertation et menace d'une escalade

Le Syndicat indépendant des infirmiers de la région Casablanca-Settat a dénoncé la manière dont plusieurs infirmiers et techniciens de santé ont été sélectionnés pour travailler dans le cadre du projet régional de SAMU relevant du Groupement sanitaire territorial. Selon le syndicat, cette opération a été menée sans aucune approche participative, sans critères clairs et transparents, et sans consultation ni accord des professionnels concernés.

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Le ministre de la Santé et de la protection sociale, Amine Tehraoui, a donné le coup d’envoi à un projet pilote de mise à niveau du système d’aide médicale d’urgence (SAMU) à la région Rabat-Salé-Kénitra. le 30 mars 2026 à Rabat. Crédit: MAP

Le syndicat estime qu’il s’agit d’une violation manifeste des principes élémentaires de bonne gouvernance et de gestion responsable des ressources humaines. Il s’interroge également sur le point de savoir si le lancement effectif du Groupement sanitaire territorial dans la région ne risque pas d’ouvrir la voie à des pratiques arbitraires, à des restrictions et à une prise de décision unilatérale sous prétexte de l’urgence et de l’exécution d’instructions administratives.

Dans un communiqué dont TelQuel Arabi a obtenu copie, le bureau régional du syndicat considère que le recours à une sélection unilatérale, sans tenir compte des conditions professionnelles, sociales et familiales des infirmiers et techniciens de santé, et sans ouvrir un appel au volontariat ni appliquer des critères objectifs, porte atteinte aux droits des professionnels de la santé. Selon lui, cette méthode consacre une gestion improvisée et arbitraire des décisions administratives, laissant la porte ouverte à des règlements de comptes.

Concernant le dialogue social, le syndicat déplore l’exclusion totale des partenaires sociaux ainsi que l’absence d’un interlocuteur officiel dans la gestion de cette situation. Il estime qu’il s’agit d’une violation flagrante du principe de concertation dans les décisions touchant les infirmiers et techniciens de santé, et s’interroge sur la capacité de cette approche à garantir leur motivation, leur valorisation ainsi que leur stabilité psychologique et professionnelle au sein des Groupements sanitaires territoriaux.

Le syndicat met également en garde contre les conséquences de cette mesure, qui, selon lui, aggravera le déficit déjà important en personnel dans les établissements de santé de la région, en particulier dans les services des urgences et les unités vitales. Cette situation risque, ajoute-t-il, d’affecter la qualité des soins et d’accroître la pression professionnelle pesant sur les infirmiers et techniciens de santé.

Le bureau régional souligne que la réussite du projet SAMU ne peut reposer sur des décisions imposées ou des mesures improvisées, mais passe par le respect de la dignité des infirmiers et techniciens de santé, leur implication dans les décisions concernant leur parcours professionnel et la garantie de ressources humaines suffisantes afin d’éviter de vider les établissements de santé d’origine de leurs effectifs.

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Dans ce contexte, le syndicat affirme que toute affectation au projet régional SAMU doit s’inscrire dans un cadre juridique clair et rigoureux, définissant précisément les modalités de sélection, la nature des missions ainsi que les droits et obligations des personnels, tout en garantissant le principe du volontariat et l’égalité des chances. Il réclame également l’instauration d’une indemnité financière équitable pour compenser les charges supplémentaires liées à cette affectation, à travers la création d’une prime spécifique destinée aux programmes de santé d’urgence, afin de mieux motiver les professionnels, reconnaître leurs efforts et assurer une équité entre les différentes catégories du personnel de santé.

Enfin, le bureau régional tient l’administration régionale pour entièrement responsable des conséquences pouvant découler de ces choix, qu’il qualifie de « non réfléchis ». Il appelle, à cette occasion, l’ensemble des militantes et militants de la région à resserrer les rangs et à se préparer à un programme de mobilisation et d’escalade pour défendre la dignité de la profession, ainsi que les droits et les acquis des personnels concernés.