Evoquant une figure majeure de l’architecture marocaine, le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri, a souligné que le défunt, fondateur de l’Ecole nationale d’architecture (ENA) de Rabat dont il a été directeur de 1980 à 1982 puis de 1999 à 2004, ancien directeur général de l’urbanisme, de l’architecture et de l’aménagement du territoire au ministère du Logement, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire (2004-2010) et auteur de “Rabat – la ville nouvelle. Guide d’architecture 1914-1990” (paru en 2024), a laissé un héritage considérable, marqué par son attachement à la culture, à la mémoire collective et à la préservation de l’identité architecturale du Royaume.
Le Secrétaire perpétuel a relevé que M. Chorfi faisait partie de ces bâtisseurs qui, au-delà de la conception d’édifices, ont contribué à façonner un regard sur la société et son évolution. Grâce à une approche conciliant modernité et tradition, il a porté une vision de l’architecture marocaine respectueuse de son histoire tout en étant résolument tournée vers l’avenir, a-t-il estimé.
Feu Chorfi (1948-2026) « a consacré sa vie à penser l’espace marocain en équilibre parfait entre l’héritage ancestral et la modernité », a affirmé M. Lahjomri, ajoutant que sa réflexion sur « la sociabilité du patrimoine » et sur « l’intégration de l’identité marocaine dans les constructions contemporaines » demeure une référence pour les générations actuelles et futures d’architectes et d’urbanistes.
Hommages ministériels
De son côté, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohammed Mehdi Bensaid, a souligné, dans un mot lu en son nom par le Directeur du patrimoine culturel au sein du ministère, Mustapha Jlok, que feu Abderrahmane Chorfi ne s’est pas uniquement illustré par son engagement en faveur de l’enseignement et de la transmission du savoir architectural, mais également par sa contribution à l’élaboration des politiques publiques en matière d’urbanisme.
En sa qualité notamment de directeur général de l’Urbanisme, il a su inscrire sa vocation d’architecte et d’urbaniste dans une vision de progrès au service du développement du Royaume et de son rayonnement en tant que foyer de civilisation, a ajouté M. Bensaid.
Le ministre a, dans ce sens, estimé que l’œuvre de feu Chorfi demeure particulièrement inspirante, dans la mesure où elle incarne une conception de l’aménagement de l’espace étroitement liée aux valeurs et aux aspirations collectives. « L’acte d’aménager l’espace est celui de projeter nos idéaux », a-t-il affirmé, considérant que le parcours du défunt illustre la possibilité de concilier modernité et préservation du patrimoine, sans jamais sacrifier l’histoire ni les fondements culturels qui façonnent l’identité du Maroc.
Pour sa part, l’ancien ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Politique de la Ville, Mohammed Nabil Benabdellah, a rendu hommage à « un homme pétri de valeurs et de principes », soulignant que feu Abderrahmane Chorfi avait introduit dans la réflexion architecturale et urbanistique la notion essentielle de « l’âme » des projets. Pour le défunt, a-t-il expliqué, une œuvre architecturale dépourvue d’âme demeurait inachevée, tant l’architecture, l’urbanisme et l’aménagement du territoire devaient être porteurs de sens, de mémoire et d’une vision au service de la société.
« Véritable bâtisseur d’esprits »
De son côté, la directrice de l’Urbanisme, Badria Benjelloun, a mis en avant la discrétion, la rigueur, l’élégance intellectuelle et l’exigence qui caractérisaient le défunt. Elle a estimé que M. Chorfi « appartenait à cette génération de bâtisseurs qui ne cherchait ni l’effet ni la facilité », mais qui avançait « avec conviction, avec mémoire et avec profondeur », guidé par la valeur du travail, la force des institutions, l’importance de la transmission et le devoir de servir l’intérêt général.
Pour sa part, le président du Conseil national de l’Ordre national des architectes du Maroc, Chakib Benabdellah, a qualifié feu Chorfi de « véritable bâtisseur d’esprits », rappelant que son parcours fut celui d’un homme ayant choisi de marquer durablement son époque non seulement à travers ses réalisations, mais surtout par son engagement en faveur de la transmission du savoir et de la protection du patrimoine national.
Il a souligné que le défunt a consacré sa vie à la recherche, à la formation de générations d’architectes et à l’élaboration d’une lecture érudite du patrimoine marocain, ajoutant qu’il fut « bien plus qu’un enseignant », une véritable institution et une référence intellectuelle et humaine pour nombre de ses disciples et confrères.
(avec MAP)
