Le rapport révèle que les services de sécurité espagnols ont recensé, au cours de l’année écoulée, un total de 2.417 crimes et incidents liés à la haine et à la discrimination, soit le chiffre le plus élevé depuis la mise en place du système de suivi en 2014.
Les données montrent que les crimes de haine à caractère raciste ou liés à la xénophobie arrivent en tête, avec 934 cas, en hausse de 16,1 % par rapport à 2024. Les crimes liés à l’islamophobie ont, quant à eux, enregistré la plus forte progression, avec une augmentation de 133 %.
Le rapport souligne également que les manifestations d’islamophobie se sont de plus en plus propagées dans l’espace numérique, les cas recensés en ligne ayant bondi de 450 % par rapport à l’année précédente.
Les autorités espagnoles ont aussi relevé une hausse de 86,5 % des crimes liés à l’antisémitisme, ainsi qu’une augmentation de 90 % des crimes liés à la discrimination visant les personnes en situation de handicap.
Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, les forces de sécurité ont élucidé 65,6 % des affaires enregistrées, tandis que 1.018 personnes ont été arrêtées ou mises en cause, soit une hausse de 12,5 % par rapport à 2024.
Le rapport fait également état d’une progression de l’implication des mineurs dans ce type de crimes, aussi bien comme victimes que comme auteurs. Le nombre de victimes mineures a augmenté de 17 %, tandis que celui des mineurs impliqués dans la commission de ces actes a progressé de 19 %.
Les Marocains, premières victimes étrangères
Sur le plan géographique, l’enclave espagnole de Melilia arrive en tête des zones espagnoles en matière de taux de crimes de haine rapporté à la population, avec 21,9 cas pour 100.000 habitants. Elle devance la Navarre et l’autre enclave de Sebta, qui a enregistré un taux de 10,8 cas pour 100.000 habitants.
Concernant les victimes, le rapport indique que les Espagnols représentent 60,4 % de l’ensemble des personnes touchées. Les Marocains arrivent toutefois en tête des victimes étrangères, avec 10 % du total des cas, devant les Colombiens, qui représentent 4,3 %.
Les crimes de haine recensés se répartissent principalement entre les menaces, au nombre de 446 cas, les agressions physiques, avec 441 cas, ainsi que l’incitation à la discrimination et à la haine, les insultes et les traitements dégradants.
Ces données interviennent alors que les autorités espagnoles poursuivent la mise en œuvre d’un plan national de lutte contre les crimes de haine pour la période 2025-2028, dans un contexte marqué par des alertes sur la montée des formes de discrimination et de racisme, aussi bien dans l’espace réel que numérique.
