Du 12 au 15 juillet au soir, les rues de Torre Pacheco se sont remplies de silhouettes vêtues de noir, cagoulées. Leur cri de ralliement : “Chasse aux Moros !” Répondant aux appels publiés sur les réseaux sociaux par des groupes ultras d’extrême droite, ces jeunes, souvent venus de l’extérieur de la commune, ont scindé le bourg en deux camps, perçant la quiétude apparente de cette cité de 40 000 habitants.
Dans le quartier de San Antonio, où résident principalement des familles d’origine marocaine, les émeutiers ont organisé des descentes, armés de battes et de casques de moto, s’en prenant aux personnes issues de l’immigration, affrontant les forces de l’ordre ainsi que, parfois, des groupes d’immigrés.
Les agents de la Guardia civil et de la police locale, déployés dès le 12 juillet, n’ont pu contenir les violences xénophobes. Et le 15 juillet, une centaine de militants venus essentiellement de l’extérieur de la commune, notamment des membres des groupuscules Desokupa et de Deport Them Now Spain, ont réussi à se rassembler à Torre Pacheco, malgré l’interdiction officielle des autorités, et ont scandé des chants nostalgiques du régime franquiste et des insultes à l’encontre du président du gouvernement Pedro Sánchez.
Finalement, après quatre nuits d’embrasement, le calme est revenu. Le déploiement de près de 120 gardes civils, afin de verrouiller la ville, a découragé les ultras. En quatre jours, la Guardia civil a arrêté 14 personnes. Parmi elles figurent Vito Quiles, leader de Desokupa, et le chef de Deport Them Now Spain, appréhendé pour incitation à la haine après avoir partagé sur Telegram listes, adresses et photographies d’immigrés « irréguliers”.
“Nous identifions de nombreuses personnes ayant incité à altérer l’ordre public et à commettre des délits de haine. D’autres arrestations sont imminentes”
La déléguée du gouvernement à Murcie, Mariola Guevara, a dénoncé les “appels xénophobes (…) d’organisations antisystème ayant fait venir des provocateurs extérieurs” à Torre Pacheco. “Nous identifions de nombreuses personnes ayant incité à altérer l’ordre public et à commettre des délits de haine. D’autres arrestations sont imminentes”, a-t-elle averti.
L'agression d'un retraité de 68 ans par trois jeunes d'origine maghrébine a embrasé Torre Pacheco, ville agricole de la province de Murcie où 30% de la population est d'origine étrangère. Enfants d'immigrés ou ouvriers agricoles installés en Espagne depuis trente ans sont devenus… pic.twitter.com/97mQExUyx7
— TelQuel (@TelQuelOfficiel) July 18, 2025
