L’ambassadeur œuvrera au renforcement du partenariat d’exception qui unit la France et le Maroc, au service de projets concrets dans tous les domaines de coopération bilatérale », écrit l’ambassade de France. Mais qui est-il ?
Pur produit du Quai d’Orsay
Comme son prédécesseur Christophe Lecourtier, Philippe Lalliot est un pur produit du ministère des Affaires étrangères français. Il connaît les couloirs du Quai d’Orsay comme sa poche et colle aussi au profil-type de la haute administration française. Avant de se lancer dans une carrière de plus de trente années au ministères des Affaires étrangères, il a suivi le parcours de la haute administration : Sorbonne, Sciences Po, l’ENA.
Il débute sa carrière dans la représentation diplomatique en tant que premier secrétaire à l’ambassade de France aux États-Unis (2001-2005) où il retournera entre 2009 et 2012 pour gérer le Consulat général de New York. S’ensuivront trois années en tant qu’ambassadeur à l’Unesco, puis trois autres en tant qu’ambassadeur de France aux Pays-Bas, avant de passer quatre ans (2019-2023) à assurer la représentation diplomatique de son pays au Sénégal et en Gambie.
Gestion de crise
Ces trois dernières années, Philippe Lalliot les a passées à faire de la gestion de crise pour le compte du Quai d’Orsay. En tant que directeur du Centre de crise et de soutien (CDCS), il a assuré les missions de protection des Français à l’étranger.
Un poste qui lui a permis de “bénéficier d’un suivi en continu de ce qu’il se passe dans le monde via le réseau des ambassades et des consulats”, expliquait-il au média lesfrançais.press en octobre 2025.
Arrivé dans ce service en août 2023, il a eu la mission de suivre directement la crise diplomatique entre la France et le Niger. Après un coup d’État survenu le 26 juillet de cette année-là à Niamey, l’ambassade de France était en effet sous tension : les putschistes demandaient à l’ambassadeur de partir ; le président français Emmanuel Macron a refusé. Et dans ce contexte confus, Philippe Lalliot a dû rapatrier plusieurs centaines de ses compatriotes.
Suivi humanitaire
La mission du CDCS ne s’arrêtait pas là. Il s’agissait aussi de coordonner l’aide humanitaire de Paris. Selon les mots de l’intéressé, la seconde mission de son service consistait à “organiser les actions humanitaires françaises que ce soit par les Nations unies ou par les ONG”. Il estimait que cette seconde mission était complémentaire de la première, en ce qu’elle lui a permis de suivre chaque crise de bout en bout.
Dès les premières semaines de sa prise de fonction, le séisme d’Al Haouz frappe le Maroc. Confronté à l’actualité du Royaume pour la première fois, Philippe Lalliot devra s’en tenir à la gestion de crise pour les ressortissants français. Car s’ensuit un malaise entre le Royaume et l’Hexagone : au cœur d’un froid diplomatique, Paris propose son aide, Rabat décline, lui préférant les aides espagnoles, britanniques et qataries, et la France s’offusque.
Pendant ce temps, le CDCS de Philippe Lalliot lance une campagne de récolte de dons auprès des entreprises. Il s’agissait de “soutenir la réponse d’urgence mise en œuvre par des ONG françaises et internationales déjà présentes et actives dans les zones sinistrées, en appui aux autorités marocaines”, pouvait-on lire dans la communication du service. Il s’agissait alors de permettre aux chefs d’entreprise donateurs de soutenir les victimes du séisme, de suivre la destination des fonds envoyés et de bénéficier d’une réduction d’impôt.
