Espagne–Maroc : le mari d'une vice-présidente du gouvernement Sánchez décroche un contrat à Fquih Ben Salah

Diego Fernández-Polanco, mari de Sara Aagesen, troisième vice-présidente du gouvernement espagnol, a participé en tant que sous-traitant à la construction d'une station d'épuration au Maroc. Son entreprise, teCH4+, spécialisée dans le traitement des déchets organiques, a bénéficié de plusieurs subventions publiques espagnoles. Son frère travaille dans la même société.

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Au moment même où Sara Aagesen, ministre de la Transition écologique et troisième vice-présidente du gouvernement espagnol, poste des vidéos défendant les énergies renouvelables face aux combustibles fossiles, son entourage proche tisse, loin des caméras, un réseau d’affaires international qui mêle fonds publics, ingénierie environnementale et partenaires marocains.

Diego Fernández-Polanco, mari de la ministre et administrateur unique de la société Te Consulting House 4 Plus SL — connue sous le nom commercial teCH4+ —, est apparu comme sous-traitant dans la construction d’une station de traitement des eaux usées à Fquih Ben Salah, au Maroc.

L’entreprise elle-même a annoncé le contrat sur ses réseaux sociaux : “Projet international attribué ! Nous installerons notre neuvième unité d’hydrolyse thermique dans la station d’épuration de Fquih Ben Salah, au Maroc, renforçant ainsi notre position d’acteur mondial.”

Dans ce projet, teCH4+ a remercié plusieurs partenaires : OCP Group, le géant marocain des phosphates, JESA SA et ATNER SARL-Decma Water. C’est ce dernier nom qui retient l’attention. Selon les données du registre du commerce espagnol, Decma Water SL, une société basée à Séville directement impliquée dans l’opération, est contrôlée par Youness Zamani, lui-même directeur général de la société marocaine d’ingénierie Atlas Energie SARL (ATNER), installée à Midelt.

La dimension familiale du dossier se renforce encore : Erik Aagesen, frère de la ministre, travaille également au sein de teCH4+.

Les subventions publiques en jeu

Red.es, bras armé de l’État espagnol pour la transformation numérique des PME, a financé à la fois la société du mari de la ministre et l’entreprise sévillane contrôlée par un investisseur marocain, toutes deux associées dans un même projet international.

En décembre 2022, teCH4+ a obtenu une subvention de 6 000 euros dans le cadre du programme Kit Digital. Selon plusieurs sources de presse, l’entreprise aurait perçu près de 400 000 euros d’aides publiques ces dernières années. Quant à Decma Water SL, elle a bénéficié d’une subvention de 12 000 euros accordée en novembre dernier par ce même organisme, dans le cadre d’un programme de soutien à la transformation numérique des PME.

Si aucune irrégularité juridique n’est établie à ce stade, la configuration soulève des interrogations légitimes sur la porosité entre intérêts privés et politiques publiques dans le secteur de la transition écologique.

teCH4+ est spécialisée dans le traitement des déchets organiques par digestion anaérobie et production de biogaz, grâce à une technologie d’hydrolyse thermique — un secteur précisément au cœur des priorités affichées par le ministère que dirige Sara Aagesen.

Le gouvernement espagnol n’a pas commenté ces informations à l’heure où ces lignes sont publiées. Sara Aagesen n’a pas non plus répondu aux questions sur d’éventuels mécanismes de déport ou de déclaration d’intérêts concernant les activités de son mari dans un secteur relevant directement de sa compétence ministérielle.