À la suite de la légère baisse des prix des carburants, l’Observatoire marocain de protection du consommateur a estimé que toute réduction ne devrait pas être présentée comme une faveur, mais comme un droit économique du consommateur. Il a précisé que la situation exige une révision globale des mécanismes de tarification, un renforcement de la transparence dans la structure des prix, ainsi qu’un réel alignement sur les indicateurs internationaux, et non sur les choix commerciaux de certains acteurs.
L’observatoire a indiqué que le problème au Maroc ne réside pas uniquement dans le prix du baril, mais dans la rapidité avec laquelle les hausses se répercutent à la pompe, contre une lenteur marquée dans la transmission des baisses. Lorsque les prix augmentent à l’international, l’impact est quasi immédiat au niveau local ; mais lorsqu’ils diminuent, s’enclenche alors un processus de “discussion”, “évaluation” et “révision bimensuelle”. Comme si le marché marocain fonctionnait en technologie 5G pour les hausses, et au ralenti pour les baisses.
L’Observatoire marocain de protection du consommateur a ajouté suivre avec une grande surprise, mêlée d’une dose mesurée d’ironie légitime, la récente décision de réduction des prix des carburants au Maroc, présentée à l’opinion publique comme une avancée économique majeure, alors qu’il ne s’agit, en réalité, que de “rendre un dirham après en avoir retiré quatre”.
Il a également souligné qu’après les reculs observés sur les marchés internationaux du pétrole, suite à une amélioration relative du contexte géopolitique, certaines parties se sont empressées de présenter la baisse locale comme une initiative exceptionnelle, alors que la logique économique est simple : lorsque les prix baissent à l’international, cela ne relève pas d’une générosité locale, mais d’une réaction tardive aux réalités du marché.
L’observatoire a insisté sur le fait que le citoyen marocain n’a pas besoin d’une mise en scène médiatique à chaque réduction d’un dirham du prix du gasoil, après des hausses cumulées ayant dépassé 4,70 dirhams par litre sur une courte période.
À l’échelle internationale, l’analyse des marchés de l’énergie montre que la volatilité des prix du pétrole n’est plus uniquement liée à l’offre et à la demande, mais dépend désormais des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Les institutions internationales ont ainsi relevé leurs prévisions du prix moyen du Brent pour 2026, estimé entre 85 et 86 dollars le baril, avec des fluctuations marquées selon l’évolution des conflits et des routes d’approvisionnement via le détroit d’Ormuz.
