Parlement : pour Fatima Tamni l'action du gouvernement est marquée par de “profondes défaillances”

Fatima Tamni, députée de la Fédération de la gauche démocratique, a critiqué le bilan de l’action gouvernementale, estimant que la situation actuelle du pays « n’est pas une crise de chiffres, mais une crise de modèle », dénonçant des « politiques publiques gérées selon une logique d’entreprises et de lobbies, et non selon une logique de droits ».

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Fatima El Tamni, le 21 avril 2026 au Parlement. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Lors de son intervention à la Chambre des représentants dans le cadre du débat sur le bilan gouvernemental, ce mardi, la parlementaire a affirmé que le gouvernement est dans « une forme de déni qui constitue une fuite de la réalité et une forme de désinformation », ajoutant que le bilan présenté « n’est pas un bilan de réalisations, mais un bilan de dysfonctionnements majeurs ».

Selon elle, ces dysfonctionnements se traduisent par « l’aggravation des inégalités sociales et territoriales, la précarité du marché du travail, l’effondrement de la confiance, la persistance de la corruption et de la rente, la faiblesse des systèmes d’éducation et de santé, ainsi que l’incapacité de l’État à protéger le pouvoir d’achat », en plus de « l’absence d’une politique économique privilégiant la production nationale au détriment des importations et de la spéculation ».

La députée a ajouté que « tout discours sur un quelconque succès ne peut être crédible tant que le citoyen ne ressent pas l’impact de ces politiques dans sa vie quotidienne », considérant que la crise de confiance et de démocratie constitue le principal échec de ce gouvernement, dans un contexte marqué, selon ses propos, par la poursuite de « l’arrestation politique et de la répression ».

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Sur le plan des services sociaux, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme un décalage entre le discours officiel sur l’État social et la réalité, expliquant que le citoyen, lorsqu’il se rend à l’hôpital, ne trouve que « des files d’attente, des rendez-vous lointains et un manque de médecins et de médicaments ».

Dans le secteur de l’éducation, Tamni a estimé que le discours sur les « écoles de l’excellence » ne reflète pas, selon elle, la réalité de l’école publique, qui « souffre de surpopulation, de décrochage scolaire et de faibles acquis », jugeant que cette expérience relève davantage d’une vitrine médiatique que d’une véritable réforme.

Elle a également critiqué le programme de soutien social direct, estimant qu’il « fait l’objet de larges soupçons entre exclusion et rente », évoquant une transformation du système de compensation en « hémorragie financière » sans réforme réelle, ni ciblage effectif des bénéficiaires, ni lutte contre les situations de monopole.

Concernant le secteur agricole, la députée a considéré que le plan Génération Green, « a échoué à atteindre son objectif principal lié à la souveraineté alimentaire ».