Plusieurs grands armateurs, dont Maersk, Hapag-Lloyd et CMA CGM, ont annoncé ce mois-ci rediriger leurs navires en contournant le cap de Bonne-Espérance.
Selon Idriss Aarabi, directeur général de Tanger Med, ce détour entraînera un allongement des temps de transit de 10 à 14 jours pour les navires souhaitant rejoindre le port marocain. Dans une réponse adressée à l’agence de presse Reuters par e-mail, il précise que le port se concentre actuellement sur « la gestion des capacités et la prévention de la congestion ».
« L’impact complet sur les flux de marchandises ne devrait pas être visible avant la mi- ou la fin avril 2026 », a-t-il ajouté, soulignant qu’à ce stade, aucune annulation d’escales n’a été enregistrée.
Depuis fin 2023, les navires évitent le canal de Suez et le détroit de Bab el-Mandeb en raison des attaques des Houthis contre la navigation en mer Rouge. Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ainsi que la fermeture du détroit d’Ormuz ont accentué ce mouvement, laissant présager des bénéfices pour le secteur du soutage (approvisionnement des navires en carburant) en Afrique, dans un contexte d’instabilité prolongée.
La hausse des coûts du carburant, liée à l’allongement des trajets via le cap de Bonne-Espérance, exerce également une pression supplémentaire sur les tarifs de fret, a indiqué Aarabi.
Les compagnies maritimes ont instauré des surtaxes liées aux risques de guerre, aux situations de conflit et aux déviations de route, comprises entre 1.500 et 3.300 dollars par conteneur standard, pouvant atteindre jusqu’à 4.000 dollars pour des équipements spécialisés.
Tanger Med avait déjà surpassé ses concurrents méditerranéens avec un trafic de 11,1 millions de conteneurs.
(avec Reuters)
