Classement FIFA : le forfait sénégalais entériné, le Maroc ancré en 8e position

Ce n'est pas seulement une affaire de points. En prenant acte du forfait sénégalais lors de la finale de la CAN 2025, la FIFA confirme le Maroc au 8e rang mondial. Une reconnaissance planétaire qui ouvre d'autres horizons.

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Rachid Tniouni/TelQuel

Le Maroc est toujours là. La mise à jour du classement FIFA publiée ce mois de mars confirme les Lions de l’Atlas à la 8e position mondiale, avec 1754,59 points. Un maintien qui n’a rien d’automatique : il intègre la décision rendue le 17 mars par le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF), qui a déclaré le Sénégal forfait pour la finale de la CAN 2025 et homologué le match 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

La FIFA, dans sa mise à jour, n’a pas fait abstraction du verdict continental. L’instance internationale a intégré ce résultat dans ses calculs de points, accordant au Maroc les 18,02 unités supplémentaires générées par ce forfait. Un choix fort : en validant officiellement la victoire sur tapis vert, la FIFA confère au titre africain sa pleine valeur statistique sur la scène planétaire et entérine implicitement la position de la CAF dans ce feuilleton disciplinaire.

Ce classement s’inscrit dans une dynamique solide pour la sélection nationale. Cinq victoires consécutives dans les derniers résultats pris en compte, une solidité défensive qui fait figure de référence continentale et une assise collective forgée lors d’un Mondial 2022 historique : l’équipe nationale affiche une constance qui la maintient durablement dans l’élite du football mondial.

Le règlement comme arme

Pour comprendre ce que représente ce maintien au classement, il faut revenir sur ce soir du 18 janvier à Rabat. La finale de la CAN 2025 bascule dans le chaos dans le temps additionnel. Le score est nul et vierge quand l’arbitre accorde un penalty au Maroc, après avoir refusé quelques minutes plus tôt un but sénégalais pour faute.

Sur ordre du sélectionneur Pape Bouna Thiaw, les joueurs sénégalais quittent la pelouse. Dans les tribunes, des supporters des Lions de la Teranga tentent d’envahir le terrain. L’arrêt dure près d’un quart d’heure avant que la rencontre ne reprenne. Le penalty, confié à Brahim Díaz, est finalement raté : l’international marocain tente une panenka audacieuse que le gardien sénégalais capte sans difficulté, laissant le score inchangé à l’issue du temps réglementaire. La rencontre s’achève sur une victoire sénégalaise 1-0 après prolongation.

La FRMF conteste aussitôt le verdict sportif. Elle saisit les instances disciplinaires de la CAF, estimant que le retrait des joueurs sénégalais constitue une violation caractérisée du règlement de la compétition. Le jury disciplinaire rejette d’abord la réclamation marocaine le 28 janvier, avant que le jury d’appel ne renverse cette décision le 17 mars. Sa conclusion s’appuie sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAN : toute équipe qui « quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l’autorisation de l’arbitre » est déclarée perdante sur le score de 3-0 et définitivement éliminée de la compétition. Comme relayé par TelQuel, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a aussitôt dénoncé une « décision inique » et annoncé son intention de porter le litige devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne.

Ce contexte juridique explique pourquoi le classement FIFA de mars est aussi attendu que scruté. Les points attribués pour une victoire par forfait en finale d’une CAN ne sont pas anodins, et leur prise en compte officielle par l’instance internationale entérine une situation sportive encore susceptible d’évoluer si le TAS venait à casser la décision de la CAF.

Le Portugal, les Pays-Bas et le Brésil en ligne de mire

Ce 8e rang mondial place le Maroc à portée de trois nations historiques du football mondial. Les Pays-Bas pointent à la 7e place avec 1756,27 points, soit moins de deux unités d’écart. Le Portugal occupe la 6e position avec 1760,38 points, à six longueurs des Lions de l’Atlas. Le Brésil, 5e avec 1760,46 points, complète ce tableau de chasse à portée de tir. Des écarts infimes à l’échelle du classement FIFA, où une victoire convaincante suffit à redistribuer les rangs.

Le calendrier offre une occasion concrète de franchir un nouveau palier. La sélection nationale disputera deux rencontres amicales dans les semaines à venir : face à l’Équateur le 27 mars, puis le 31 mars contre le Paraguay. Deux confrontations qui, en cas de succès probants, pourraient propulser les Marocains jusqu’à la 5e place mondiale, devant le Portugal, les Pays-Bas et le Brésil. Une perspective qui, il y a encore quelques années, aurait relevé de la gageure. Aujourd’hui, elle s’inscrit dans la logique d’une sélection qui a fait de l’élite mondiale son horizon naturel.

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