S’exprimant lors d’une rencontre de communication organisée à Rabat pour présenter les conclusions de l’avis du Conseil intitulé « Perte et gaspillage alimentaires au Maroc : ampleur du phénomène et enjeux pour une intervention efficace », Amara a expliqué que ce phénomène est principalement lié à des pratiques commerciales et de consommation peu rationnelles et inefficaces, telles que les achats excessifs, la faible maîtrise des techniques de conservation des produits ou encore la valorisation limitée des marchandises invendues.
Il a souligné que ces pertes et ce gaspillage engendrent « un coût économique important supporté par les producteurs et les distributeurs, qui peut se répercuter sur la disponibilité des denrées alimentaires et accroître la vulnérabilité des catégories à faible revenu », tout en aggravant la pression sur les ressources naturelles.
Amara a ajouté que certaines estimations indiquent que 1,6 milliard de mètres cubes d’eau sont mobilisés chaque année pour produire des aliments qui n’atteignent jamais la phase de consommation finale, sans compter la pollution et les émissions de gaz à effet de serre générées par la décomposition des déchets alimentaires.
Il a également relevé que, malgré plusieurs initiatives lancées pour limiter ce phénomène, celles-ci « restent souvent dispersées et manquent de coordination, dans un système de gouvernance caractérisé par la multiplicité des intervenants ». Il a précisé que « l’absence d’un cadre juridique spécifique, l’absence d’une vision nationale cohérente et le manque de mécanismes de suivi structurés limitent l’efficacité des mesures adoptées et ne permettent pas d’apporter une réponse intégrée à la hauteur des enjeux ».
Concernant les conclusions de l’avis du Conseil, Amara a indiqué que les causes conduisant à l’élimination de produits alimentaires se répartissent entre le changement d’aspect ou d’odeur (25 %), le dépassement de la date de péremption (21 %), la mauvaise planification des repas (16 %), l’achat de quantités supérieures aux besoins (12 %), le manque de connaissances sur les méthodes de conservation (12 %), la préférence pour les produits frais (8 %) et le faible coût des produits jetés (4 %).
Les réponses recueillies dans le cadre de la consultation lancée par le Conseil montrent également que le gaspillage concerne principalement les produits en conserve (36 %), suivis des plats rapides à préparer (35 %), tandis que les produits alimentaires frais représentent eux aussi une part importante (23 %) des aliments jetés.
S’agissant des mesures susceptibles de réduire ce gaspillage, 29 % des participants estiment que l’achat de quantités adaptées aux besoins réels constitue un levier essentiel. 19 % soulignent l’importance de donner les produits alimentaires avant leur date de péremption aux personnes en situation de vulnérabilité, tout en veillant à leur conservation dans des conditions adéquates.
Par ailleurs, 16 % des participants appellent à planifier les repas à l’avance, tandis que 15 % suggèrent de valoriser les restes alimentaires en les réutilisant dans de nouvelles préparations.
Quant aux mesures prioritaires à adopter, 22 % jugent nécessaire de renforcer la recherche dans les technologies de conservation et de recyclage des aliments, 20 % plaident pour la création de points de collecte ou de centres de tri dédiés, et 19 % appellent à intensifier les campagnes de sensibilisation du public, consommateurs comme producteurs, aux enjeux du gaspillage alimentaire.
Parmi les propositions figure également la mise en place, dans les grandes surfaces, de rayons ou d’espaces dédiés à la lutte contre le gaspillage, où seraient proposés à prix réduits les produits proches de leur date de péremption.
