Une coalition de défense des droits dénonce la “flambée des prix” et les atteintes à la liberté d'expression

Le secrétariat exécutif de la Coalition marocaine des organisations de défense des droits humains, qui regroupe plus de 20 associations, a fustigé “l’aggravation de la détérioration des conditions de vie touchant l’ensemble des citoyennes et citoyens”. Il a appelé à mettre un terme à “la flambée vertigineuse des prix et à la stagnation des salaires”, ainsi qu’à garantir l’ensemble des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux pour tous.

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En septembre 2025, le mouvement GenZ212 vise directement le Chef du gouvernement. Les slogans réclament la santé, l’éducation et la justice sociale, en plus de la démission de Aziz Akhannouch. Crédit: Yassine TOUMI

Dans un communiqué dont TelQuel Arabi a reçu copie, la coalition a également dénoncé ce qu’elle qualifie de « recours excessif à l’approche sécuritaire face aux revendications du peuple marocain ». Selon elle, les protestations sociales contre « les politiques d’appauvrissement et de chômage » feraient l’objet de tentatives visant à faire taire les voix critiques. Elle cite notamment « les arrestations et les procès jugés injustes visant des jeunes de la génération Z (GenZ212, ndlr), alors qu’ils réclamaient leur intégration dans la dynamique de développement du pays ».

La coalition a par ailleurs insisté sur la nécessité d’accélérer la libération des détenus du Hirak du Rif, ainsi que de l’ensemble des jeunes de la GenZ212 détenus pour manifestation interdite et incitation à manifester, de l’activiste Saida Alami, condamnée à trois ans de prison ferme, notamment pour « outrage à magistrat » sur Internet, des étudiants de l’université Ibn Tofail à Kénitra, poursuivis pour avoir manifesté pour le report des examens, du blogueur Redouane El Kastit à Tanger, condamné à deux ans de prison notamment pour « apologie » d’une attaque en Israël et outrage à corps constitué, et de toutes les personnes poursuivies dans des affaires liées à la liberté d’opinion, d’expression et de la presse.

Elle a également appelé à mettre fin aux poursuites liées aux droits syndicaux, au droit au logement, aux défenseurs et défenseuses des droits humains, aux utilisateurs des réseaux sociaux, aux blogueurs et blogueuses, aux lanceurs d’alerte dénonçant la corruption et le gaspillage des fonds publics, aux opposants à la normalisation avec l’entité sioniste ainsi qu’aux rappeurs.

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La coalition a enfin appelé au respect de la loi « avant toute chose », que ce soit en matière de droit d’organisation et de manifestation pacifique, de liberté d’opinion, d’expression et de la presse, ou encore pour l’élargissement de l’espace des droits et libertés. Elle a également plaidé pour mettre fin à la politique d’impunité qu’elle juge contraire au principe de corrélation entre responsabilité et reddition des comptes, « quel que soit le niveau de responsabilité concerné ».

Le communiqué critique également ce qu’il qualifie de « domination » exercée par les autorités sur les médias publics, estimant qu’ils sont « utilisés pour servir leurs orientations et leurs choix », et empêchés de traiter certaines questions sociétales complexes sur lesquelles l’opinion publique souhaite obtenir des informations transparentes. La coalition cite, à ce titre, « l’absence d’informations véridiques sur la question de l’eau, ainsi que sur les dossiers du séisme et des inondations ».