Selon les premiers éléments recueillis sur le terrain, les producteurs d’agrumes de ces régions ont subi de lourdes pertes. Les précipitations intenses, les débordements des oueds et les vents violents ont provoqué d’importantes chutes de fruits, notamment des variétés d’oranges. De nombreux producteurs ont également perdu la totalité de leurs stocks d’intrants ainsi qu’une partie de leur matériel agricole.
La fédération alerte par ailleurs sur un risque supplémentaire : sur une superficie estimée à près du tiers du total des plantations, les arbres pourraient souffrir d’une asphyxie des racines en cas de prolongement de la stagnation des eaux de crue, exposant les producteurs à la perte d’une bonne partie de ces arbres.
Cette situation devrait « impacter de manière sérieuse le chiffre d’affaires des producteurs et leur capacité d’exportation au cours de cette campagne », avec des répercussions directes sur les emplois agricoles générés dans ces régions.
Face à l’ampleur des dégâts, les membres de Maroc Citrus « sollicitent une intervention urgente des pouvoirs publics sous forme de mesures d’accompagnement et de soutien permettant aux producteurs de limiter les effets des pertes subies et de relancer leur activité dans les prochains jours ».
Le président de Maroc Citrus a également tenu à exprimer « sa profonde reconnaissance à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que dieu l’assiste, pour les Hautes Instructions Royales ayant permis la mise en place d’un programme d’urgence » destiné à soutenir les populations et agriculteurs sinistrés. Les membres de la fédération souhaitent que la filière agrumicole, principale spéculation arboricole dans ces régions, puisse bénéficier dans ce cadre d’un soutien permettant aux producteurs de réhabiliter leurs plantations, de compenser leurs pertes de production et de préparer la prochaine campagne agrumicole.
Pour rappel, les récentes intempéries qui ont frappé le nord du Maroc ont plongé les régions du Gharb et du Loukkos dans une situation agricole critique. Selon Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), « des dizaines de milliers d’hectares sont couverts d’eau », avec plus de 10 000 hectares d’agrumes inondés. Pour les grandes cultures, céréales et légumineuses, le président de la Comader était catégorique : « c’est déjà perdu, c’est clair ». Le secteur des fruits rouges est également à l’arrêt, les producteurs ne parvenant plus à « honorer leurs engagements, ni envers leurs fournisseurs, ni envers leurs clients », selon Amine Bennani, président de l’Association marocaine des producteurs de fruits rouges.
