La nomination de Hilale intervient dans un contexte géopolitique particulièrement critique, marqué par des mutations rapides de l’ordre international, d’un effritement du consensus multilatéral et d’un rétrécissement de l’espace dédié à l’État de droit, au dialogue et à la diplomatie.
Dans son discours inaugural, l’ambassadeur du Royaume à l’ONU a décliné la vision de la présidence marocaine qui s’articule autour d’une démarche visant à placer l’expertise régionale et l’appropriation nationale au cœur de son action. « Notre présidence puisera dans les expériences de chaque région : l’Afrique offre une expertise éprouvée en consolidation de la paix. L’Amérique latine a développé des processus de justice transitionnelle qui ont transformé des sociétés entières, et l’Asie apporte ses traditions de dialogue communautaire et de recherche du consensus » a-t-il relevé.
Dans ce contexte, le diplomate a alerté que le monde « connaît aujourd’hui une crise de la paix sans précédent : plus de 130 conflits armés ravagent notre planète – le double d’il y a 15 ans ». « Derrière ces statistiques se cachent deux milliards de personnes vivant sous la menace quotidienne de la violence, dont 305 millions dépendent d’une assistance humanitaire d’urgence pour leur survie », a-t-il martelé.
Hilale s’est félicité que la présidence marocaine coïncide avec la célébration en juin prochain de la première édition de la « semaine de la consolidation de la paix », décidée par l’Assemblée générale de l’ONU, notant que cette célébration sera l’occasion de sensibiliser la communauté internationale aux efforts de consolidation de la paix, de promouvoir le partage des bonnes pratiques entre régions et de mobiliser l’attention politique et les ressources nécessaires.
Cette session inaugurale de la Commission de consolidation de la paix a été marquée par la lecture d’un message du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et la participation de la présidente de l’Assemblée générale, ainsi que de l’ensemble des membres du comité organisationnel de la Commission.
Créée en 2005 par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité, la Commission de consolidation de la paix s’impose comme le quatrième organe fondamental du système onusien. Pont institutionnel entre les organes principaux de l’ONU, elle joue un rôle consultatif important en rassemblant tous les acteurs pertinents pour bâtir une paix durable dans les pays sortant de conflit.
Le Maroc présidera ainsi cet organe stratégique composé de 31 membres, incluant les membres permanents du Conseil de sécurité, les principaux contributeurs financiers de l’ONU et les grands pays fournisseurs de contingents militaires et policiers aux opérations de maintien de la paix.
(avec MAP)
