Dans son rapport intitulé “Gestion des déchets dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord”, l’institution internationale indique que le Maroc se situerait derrière l’Égypte (62 millions de tonnes), l’Irak (49,4 millions), l’Iran (36 millions), l’Arabie saoudite (35,3 millions) et l’Algérie (21,6 millions de tonnes).
En revanche, il dépasserait plusieurs pays de la région, dont les Émirats arabes unis (8,3 millions de tonnes), la Jordanie (6,7 millions), la Libye (6,5 millions) et la Syrie (6,4 millions). La production annuelle de la Tunisie, du Qatar, de Bahreïn, du Liban et de Djibouti ne devrait, quant à elle, pas excéder 6 millions de tonnes.
“Les pays de la région MENA souhaitant développer le secteur touristique doivent investir dans les services de gestion des déchets afin de préserver la propreté des zones touristiques”
La Banque mondiale attribue cette progression attendue à la croissance démographique et à l’urbanisation à l’horizon 2050, avertissant que “la production de déchets au Moyen-Orient et en Afrique du Nord devrait doubler si des politiques inverses ne sont pas mises en place pour faire face à la situation actuelle”, passant de 155 millions à 294 millions de tonnes par an.
Le rapport souligne également les enjeux environnementaux et touristiques liés à cette dynamique. Il insiste sur le fait que “les pays de la région MENA souhaitant développer le secteur touristique doivent investir dans les services de gestion des déchets afin de préserver la propreté des zones touristiques”, rappelant que “la mer Méditerranée figure parmi les mers les plus polluées au monde”.
“La région Moyen-Orient et Afrique du Nord produit plus de déchets que la moyenne mondiale, avec un taux de 0,9 kilo par personne et par jour”
Sur le plan quantitatif, l’institution relève que “la région Moyen-Orient et Afrique du Nord produit plus de déchets que la moyenne mondiale, avec un taux de 0,9 kilogramme par personne et par jour”. Elle précise qu’en 2016, la région a généré “un volume équivalant à 69 % de celui produit par l’Union européenne, malgré la différence de produit intérieur brut entre les deux ensembles”.
S’agissant des contraintes structurelles, le rapport indique que le taux de recyclage ou de valorisation “ne dépasse pas 10 %”, ce qui limite les retombées économiques potentielles, alors même que “les déchets organiques représentent 57 % du total enregistré”.
Le document met également en lumière l’ampleur du gaspillage alimentaire, estimant les pertes annuelles à 11 % du total des déchets, soit l’équivalent de 60 milliards de dollars américains. La contribution individuelle oscille entre 75 et 130 kilogrammes par personne, dans une région où la majorité des pays dépendent des importations pour couvrir leurs besoins alimentaires de base et une personne sur six souffre d’insécurité alimentaire sévère.
Enfin, pour intégrer les principes de l’“économie circulaire”, l’institution appelle les pays de la région à “augmenter significativement leurs dépenses en matière de gestion des déchets”, tout en soulignant “la nécessité d’améliorer la coordination entre les institutions et les acteurs nationaux et locaux concernés, et de mettre en place des mécanismes clairs de reddition des comptes afin de garantir des services efficaces”.
