Après des années d’attente et d’interrogations sur les raisons de sa non-ouverture, le Musée de la photographie de Casablanca, situé au cœur de la médina, va enfin ouvrir ses portes.
Une convention de passation du musée à la Fondation nationale des musées (FNM) a été paraphée ce vendredi par le Wali de la région Casablanca-Settat, gouverneur de la préfecture de Casablanca, Mohamed Mhidia, le gouverneur, directeur général de l’Agence urbaine de Casablanca, Taoufiq Benali, le gouverneur de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, Abdelkhaleq Merzouki, ainsi que par le président de la FNM, Mehdi Qotbi.
Un musée signé de l’architecte japonais Tadao Ando
Situé sur le site d’un ancien fondouk du 19e siècle, le musée est le fruit d’une collaboration entre l’architecte japonais Tadao Ando et des architectes marocains qui ont adapté le bâtiment aux spécificités de ce quartier historique.
S’exprimant à cette occasion, Qotbi a affirmé que « ce lieu d’exception, conçu par l’un des plus grands architectes contemporains, s’inscrit dans la lignée des plus beaux musées du monde », évoquant la vision du roi Mohammed VI, « qui a fait de la culture l’un des chantiers majeurs, au même titre que les autres domaines stratégiques ».
Cet évènement coïncide avec l’année 2026 qui marquera à la fois le bicentenaire de l’invention de la photographie par Daguerre et le 125ᵉ anniversaire de l’introduction de la photographie au Maroc, initiée sous le règne du Sultan Moulay Abdelaziz par le photographe français Gabriel Veyre, a-t-il expliqué dans une déclaration à la MAP. « Le musée bénéficie également d’un important soutien international », a-t-il fait savoir, « se félicitant notamment d’un don de 700 ouvrages photographiques ainsi que de l’octroi de bourses spéciales aux photographes ».
« Ce musée s’affirme comme un lieu de transmission, de création et de dialogue, appelé à enrichir l’agenda culturel et touristique de Casablanca », a ajouté le président de la FNM.
Une ouverture « en mai-juin »
Interrogé par TelQuel, M. Qotbi a annoncé que le musée devrait ouvrir, « si tout se passe bien, aux alentours de mai-juin, avec une première grande exposition consacrée aux regardés croisés entre photographes marocains et étrangers sur Casablanca ». C’est l’actuel conservateur du Musée national de la photographie de Rabat, Soufiane Er-Rahoui, qui organisera l’exposition inaugurale, en attendant qu’une équipe de responsables du musée soit nommée. Le musée sera gratuit pour les habitants de la médina, a précisé le président de la FNM.
Le projet architectural s’articule autour de plusieurs axes, notamment des espaces d’exposition s’étalant sur deux niveaux, dédiés aux collections permanentes et temporaires. Un étage est, par ailleurs, dédié à l’enseignement et à la formation des jeunes, comprenant une médiathèque et des salles de cours.
L’annonce de l’ouverture de ce musée intervient deux mois après la diffusion d’une lettre ouverte, en novembre 2025, par le photographe Touhami Ennadre, en réaction à un article du 360 intitulé « Ce musée de la photographie qui n’a jamais ouvert ses portes à Casablanca ». L’initiateur du projet avait déploré « le sort cruel et profondément injuste réservé à un projet né dans la médina, pensé pour la médina, conçu par un enfant de ses ruelles devenu artiste ».
Le projet, pensé depuis une vingtaine d’années par le photographe, et qui avait reçu en 2013 le soutien de Zoulikha Nasri, conseillère du roi décédée en 2015, n’avait jamais ouvert depuis sa construction en 2021, sans explications officielles.
« L’été dernier encore, j’écrivais au Wali Mohamed Mhidia, à madame la Maire Nabila Rmili, à Mehdi Qotbi, à qui j’avais confié mon projet dès 2006. Pas une réponse, rien, pas même la politesse d’un refus », écrivait Ennadre dans sa lettre ouverte.
Interrogé sur les raisons de ce retard, M. Qotbi a déclaré n’avoir appris l’existence de ce musée que depuis deux ou trois ans. « Il fallait qu’on sache à qui le destiner, et la Fondation nationale des musées était le meilleur réceptacle pour ce projet », a-t-il seulement déclaré.
