Selon l’AMDH, cette justification constitue une violation flagrante des normes internationales en matière de droits humains. L’association rappelle que les faits imputés à Ibtissame Lachgar relèvent de l’exercice légitime de la liberté d’opinion et d’expression, garantie par les conventions et traités internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
La section de Rabat considère que qualifier des actes relevant de l’expression d’opinions de “très graves” et refuser le recours aux peines alternatives dans ce type d’affaires constitue une atteinte majeure à la liberté d’expression, un recul manifeste par rapport aux engagements internationaux du Maroc et une violation des principes de justice et d’équité.
Un état de santé “alarmant”
L’AMDH alerte également sur l’état de santé d’Ibtissame Lachgar. La détenue souffre d’un relâchement de sa prothèse de bras au niveau du coude gauche, ainsi que d’une aggravation du relâchement au niveau de l’épaule gauche, provoquant des douleurs aiguës. Ces problèmes ont un impact sérieux sur son état de santé général et nécessitent une intervention chirurgicale urgente, qui ne peut pas être assurée dans des conditions adéquates en milieu carcéral, affirme l’AMDH dans son communiqué.
La même source exige la libération immédiate et inconditionnelle d’Ibtissame Lachgar et tient les autorités judiciaires et administratives pour pleinement responsables de toute détérioration de son état de santé.
L’association appelle au respect effectif de la liberté d’opinion et d’expression, et à la cessation des poursuites et des peines privatives de liberté fondées sur leur exercice. Elle interpelle également l’ensemble des organisations nationales et internationales de défense des droits humains afin qu’elles manifestent leur solidarité et interviennent de toute urgence pour mettre fin à cette violation.
