L’audience, la deuxième depuis l’ouverture du procès le 13 août dernier, était prévue à 13h00. Ce n’est qu’une cinquantaine de minutes plus tard qu’Ibtissame Lachgar, 50 ans, a fait son entrée dans la salle 9 du tribunal de première instance de Rabat. Elle y a pris place parmi une dizaine d’autres prévenus impliqués dans des affaires distinctes. Lunettes rouges vissées au nez, le corps recouvert d’un ample charchaf bleu et blanc, elle semble affaiblie. Mais à l’instant où son regard croise celui des quelques proches venus la soutenir, un large sourire éclaire son visage.
Militante de longue date, cofondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), Ibtissame Lachgar est connue pour ses prises de position en faveur des libertés individuelles, des droits des femmes et de la communauté LGBT. Le 10 août, elle a été arrêtée puis placée en détention provisoire, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une ancienne photo où elle apparaissait vêtue d’un t-shirt portant une inscription jugée offensante envers “Dieu et la religion islamique”.
