Prenant la parole lors de la rencontre d’étude consacrée mardi matin à l’évaluation de l’impact des politiques anticorruption, El Basri est revenu sur les fondements du projet de guide pratique d’évaluation de l’impact des politiques de lutte contre la corruption et sur les étapes de sa mise en œuvre.
Il a souligné que « le besoin de ce guide découle des transformations institutionnelles que connaît le domaine de la prévention et de la lutte contre la corruption au Maroc, ainsi que des dispositions de la loi 46.19, qui confie à l’Instance une mission centrale : suivre et évaluer l’efficacité et l’impact des stratégies publiques dans ce domaine ».
Il a expliqué qu’« à l’approche de la finalisation de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (2015–2025), les limites de certains mécanismes de suivi utilisés auparavant sont apparues clairement : ils se concentraient principalement sur l’avancement des projets, sans évaluation méthodique de l’impact réel sur les pratiques, les comportements et les institutions ».
Il a ajouté que « les analyses ont mis en évidence l’absence d’un système d’évaluation basé sur des indicateurs de référence dès la phase de conception, ce qui n’a pas permis de mesurer les impacts de manière précise. C’est ce qui a conduit l’Instance à développer un cadre méthodologique et référentiel permettant d’intégrer la dimension évaluative dans l’ensemble des programmes de la prochaine stratégie, dès la planification et non après la mise en œuvre ».
El Basri a précisé que « le processus d’élaboration de ce guide s’est appuyé sur une série d’étapes scientifiques et institutionnelles ».
Il a affirmé que ce guide ne se limite pas à proposer un cadre conceptuel, mais présente un système complet englobant les bases de référence, les types d’évaluation, les méthodologies de mesure, les mécanismes de construction des indicateurs, ainsi que la place centrale de la théorie du changement pour relier les réformes à des résultats concrets.
Il a souligné que l’objectif du guide est de « passer d’une logique de “suivi des projets et activités” à une logique de “mesure de l’impact réel et effectif”, en cohérence avec les orientations nationales et les standards des instances internationales, notamment les recommandations du Conseil de l’Europe, les normes de l’OCDE et les engagements liés aux conventions internationales ».
Et d’ajouter : « Aujourd’hui, nous ne présentons pas un document définitif, mais un projet ouvert à un développement partagé. Le projet de guide que nous avons entre les mains n’est qu’un point de départ vers l’élaboration d’un référentiel national consensuel, qui sera enrichi grâce aux discussions et remarques pratiques des secteurs et institutions participant à cette rencontre. L’objectif n’est pas de produire un document de plus, mais de construire un cadre méthodologique permettant aux institutions d’adopter l’évaluation d’impact comme une composante essentielle du cycle des politiques publiques ; un cadre qui permet de mesurer les changements, d’en comprendre les causes et d’exploiter leurs enseignements pour améliorer les politiques et renforcer la confiance dans l’action publique ».
Il a averti que « la réussite de ce projet reste tributaire de l’implication de tous, du travail conjoint entre expertises nationales et internationales, et de l’ancrage d’une nouvelle culture fondée sur les preuves et les résultats dans l’évaluation des politiques. L’Instance nationale s’engage à poursuivre ce chantier et à développer ce guide afin qu’il devienne un référentiel opérationnel pour la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des futures stratégies de lutte contre la corruption, de manière à renforcer le processus de réforme et à rendre l’impact tangible pour le citoyen ».
