Mohamed Benalilou appelle à une évaluation concrète des politiques anticorruption

Le président de l'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) appelle à une rupture méthodologique dans l'évaluation des politiques anticorruption au Maroc. Mohamed Benalilou plaide pour un passage de la logique des moyens déployés à celle des résultats mesurables, critiquant des pratiques d'évaluation qu'il juge “superficielles” et déconnectées du vécu des citoyens.

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Mohamed Benalilou, président de l'INPPLC lors de la rencontre sur les risques de corruption dans le secteur de la santé, le 17 juin 2025. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Mohamed Benalilou, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), a affirmé lundi que, depuis plusieurs années, le Maroc a accumulé réformes et initiatives en matière d’intégrité. Mais, selon lui, le contexte institutionnel actuel exige “de passer du suivi des efforts à la mesure des résultats, du discours sur les programmes à la question de leur impact, et du ‘ce que nous avons fait’ à ce ‘qui a réellement changé dans la réalité’”, rapporte Alyaoum24.

Lors d’une rencontre d’étude dédiée à l’évaluation de l’impact des politiques publiques de lutte contre la corruption, Benalilou a expliqué que l’action publique a longtemps été abordée “selon une logique d’estimations générales et approximatives”, avec des indicateurs “formels, traditionnels et répétitifs, sans analyse de ce qui se produit réellement sur le terrain”. Une méthode qui, dit-il, aboutit à “des lectures superficielles, des résultats gonflés et des récits institutionnels rassurants, mais qui restent largement éloignés de la réalité du citoyen”.

Il estime que ces évaluations “peuvent donner l’illusion de l’efficacité, mais finissent par ouvrir la voie à une série de surenchères”. Dans un contexte de transformations rapides, poursuit-il, “il ne suffit plus d’accomplir ou d’exécuter ; il devient indispensable de mesurer, d’expliquer, et de démontrer au citoyen que les ressources publiques se traduisent par des résultats concrets dans son quotidien”.

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Pour Benalilou, une nouvelle approche de la gouvernance publique doit s’imposer, fondée sur l’idée que la valeur d’une politique ne réside pas dans “l’ampleur de l’intervention”, mais dans “son impact sur la vie du citoyen, dans ce qu’elle ajoute à la confiance publique, et dans sa capacité à modifier les comportements et à réduire le coût caché de la corruption”.

Il souligne ainsi l’émergence d’une culture renouvelée au sein du système national d’intégrité, une culture “qui ne se limite pas à élaborer ou exécuter les politiques, mais s’attache à évaluer l’effet réel qu’elles produisent au niveau des comportements institutionnels, de l’expérience quotidienne des usagers et de la qualité de la gouvernance publique”.

Et de conclure : “Nous nous réunissons aujourd’hui pour donner le coup d’envoi d’une nouvelle phase de réflexion publique sur l’intégrité et la lutte contre la corruption, une phase qui dépasse l’évidence selon laquelle ‘nous avons des politiques’, vers une question plus complexe et plus profondément responsable.”