Intervenant lors de la discussion du projet de loi de finances 2026, le président du groupe istiqlalien à la Chambre des représentants Allal Amraoui a appelé à une autocritique du système politique marocain face aux mouvements de jeunesse récents.
Le président du groupe istiqlalien de l’unité et de l’égalitarisme à la Chambre des représentants, Allal Amraoui, a déclaré que “le mouvement de jeunesse qu’a connu notre pays ces dernières semaines exige des acteurs politiques une lecture objective pour en tirer les leçons, ainsi qu’une autocritique pour développer le système partisan et politique, afin de permettre à cette génération non seulement de contribuer au sein des institutions de décision publique, mais aussi de participer à leur mise en œuvre et à leur accompagnement, pour en produire l’effet escompté”.
Amraoui a expliqué, lors de la séance plénière consacrée à la discussion générale de la première partie du projet de loi de finances 2026, ce jeudi, que cette génération née en pleine révolution numérique “ne connaît aucune limite dans ses comparaisons, qu’il s’agisse de liberté, de démocratie ou de développement”, ajoutant qu’il s’agit d’un “jeunesse avide de voir son pays rejoindre le rang des nations avancées à tous les niveaux”.
Les discours royaux comme “point d’ordre” pour le système politique
Le député istiqlalien a souligné que “cette responsabilité est collective, loin de toute logique d’échange d’accusations ou de construction de boucs émissaires”. Il a considéré que “les deux discours royaux à l’occasion de la Fête du Trône et de l’ouverture de l’année législative ont constitué un puissant point d’ordre pour l’ensemble du système politique et partisan national”, appelant à “en capter les signaux avec intelligence collective et conscience stratégique, car ils ont défini les contours et fondements de l’avenir”.
Amraoui a estimé qu’“il n’est pas acceptable aujourd’hui de nous tromper de trajectoire et d’adopter la politique de l’autruche qui se baisse face à la tempête avant de revenir à ses habitudes”. Il a mis en avant que l’instruction royale demandant au gouvernement de sortir les lois électorales avant la fin de l’année “ne doit pas être lue comme une simple étape procédurale périodique, mais comme un événement constitutionnel incarnant le principe de l’alternance démocratique, conférant à la vie politique sa dynamique et sa légitimité renouvelée, renforçant la place des institutions représentatives et consacrant la légitimité électorale en liant l’exercice de la responsabilité publique à la reddition des comptes”.
Il a ajouté que “la bonne préparation des prochaines échéances électorales ne se mesure pas uniquement à ses résultats, mais au respect de ses conditions fondamentales, au premier rang desquelles figurent une large participation, la transparence de l’ensemble des opérations électorales, la crédibilité et l’égalité des chances”. Il a souligné que “la phase actuelle exige des élites capables de répondre aux défis auxquels notre pays sera confronté à l’avenir sur la voie de son accession au rang des pays émergents”.
L’urgence de restaurer la confiance dans les institutions
Dans le même sens, Amraoui a appelé à “adopter un pacte éthique entre les partis politiques afin de renouveler la confiance dans les institutions élues et de renforcer la crédibilité du processus électoral”. Il a poursuivi : “Ça suffit… Il n’y a plus de place aujourd’hui, ni demain, dans la gestion des affaires publiques, pour les corrupteurs, qu’ils soient dans la politique ou l’économie. Assez des marchands de crises, assez de l’achat des consciences, assez de l’usage excessif de l’argent”, affirmant qu’“il s’agit d’une occasion historique pour restaurer la confiance du citoyen dans la politique et dans les institutions élues”.
Et de conclure : “L’enjeu aujourd’hui ne réside pas dans l’organisation d’élections législatives en tant que telles, mais dans la capacité à donner à l’opération électorale son élan, son attractivité et sa fonction essentielle et constitutionnelle : un mécanisme de production de la légitimité, de renouvellement des élites et de renforcement de l’État de droit et des institutions”.
