“40 % d’origine marocaine” : le Parti populaire espagnol dévoile la composition de sa direction à Melilia

Juan José Imbroda, président du gouvernement local de Melilia, a appelé la classe politique espagnole à ne pas instrumentaliser la religion à des fins partisanes, estimant que cette attitude nuit à la coexistence pacifique qui caractérise la société melilienne.

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Juan Imbroda Crédit: DR

S’exprimant lundi matin devant le comité directeur national du Parti populaire (PP), présidé par Alberto Núñez Feijóo, Imbroda a rappelé que Melilia incarne un modèle unique en Europe de coexistence entre religions et cultures. Il a souligné qu’environ 40 % des membres du PP de la ville sont d’origine musulmane.

« Vivre en Espagne signifie respecter toutes les religions sans exception. Utiliser la foi à des fins politiques est impardonnable, ni par Dieu ni par les hommes, car cela épuise la coexistence et détruit notre avenir commun », a-t-il déclaré.

Imbroda a présenté Melilia comme une cité de paix, d’ouverture et de respect mutuel, rappelant qu’elle a récemment accueilli un colloque international pour la paix organisé par l’Université des Nations unies pour la paix — un signe, selon lui, de reconnaissance internationale du modèle de coexistence vécu quotidiennement entre musulmans, chrétiens, juifs et hindous.

Il a insisté sur le fait que Melilia n’est pas seulement une ville frontalière, mais aussi un symbole du pluralisme culturel et religieux dont l’Espagne devrait être fière.

Sur le plan politique interne, le président de Melilia a lancé de virulentes critiques contre le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, qu’il accuse d’avoir détruit l’administration publique et de s’être allié aux « ennemis de l’Espagne ».

« Monsieur le Président (du PP, ndlr), vous pouvez imaginer combien nous avons hâte que cet homme parte, tant il a fait de tort à notre pays. L’Espagne a besoin d’un nouveau leadership, de votre parti, d’une Constitution et d’une démocratie qui fonctionnent à nouveau », a-t-il lancé à l’adresse du président du Parti populaire Alberto Feijóo.

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Imbroda a qualifié la situation financière et politique du pays de « honteuse », affirmant que le retard pris dans l’adoption du budget général compromet l’économie espagnole et freine l’arrivée d’investissements et de fonds européens.

Le responsable de Melilia a également évoqué la fermeture, depuis 2018, de la douane commerciale avec le Maroc, qu’il impute à l’inaction du gouvernement central. « Cette fermeture a laissé des centaines de personnes sans emploi et paralysé l’activité commerciale dans la zone frontalière », a-t-il dénoncé.

Il a expliqué que son gouvernement local travaille désormais sur trois axes stratégiques pour relancer la ville : l’enseignement supérieur, l’innovation technologique et le développement touristique, des secteurs capables selon lui de redonner à Melilia son dynamisme économique après des années de stagnation.

En conclusion, Imbroda a assuré que Melilla possède un avenir prometteur, mais qu’elle a besoin de dirigeants « qui croient en elle et œuvrent pour son bien », allusion claire au Parti populaire, dominant la scène politique locale depuis le début des années 2000.

« Nous avons passé des années à regarder vers le nord… Et c’est de là, du nord, que viendra le salut de Melilla », a-t-il conclu.