Le Syndicat national des architectes du secteur privé a plaidé pour le lancement d’un chantier national de modernisation du cadre juridique de l’architecture, en adéquation avec la Constitution et les principes de la bonne gouvernance.
Lors d’une table ronde nationale organisée vendredi 31 octobre sous le thème “L’avenir du Maroc et le rôle de l’architecture”, le syndicat a insisté sur la nécessité d’adopter une loi garantissant un paiement équitable et dans les délais légaux des prestations architecturales, à travers des contrats-types clairs définissant les relations entre l’architecte, l’administration et l’entrepreneur, afin de réduire les retards de paiement dans les projets publics.

Le syndicat a également souligné l’importance d’instaurer une grille tarifaire obligatoire assurant un équilibre entre la qualité du service et une juste rémunération, tout en préservant la valeur économique et sociale de la profession.
Par ailleurs, il a jugé nécessaire de simplifier les procédures d’autorisation urbanistique, notamment en mettant en place un circuit allégé pour les petits projets, qui représentent 70 % des dossiers, signé par l’architecte, l’ingénieur et le président de la commune, sans passer par les agences urbaines, afin d’accélérer l’investissement et d’alléger la charge administrative.
Le syndicat a aussi recommandé de renforcer la transparence dans le fonctionnement du guichet unique, via des mécanismes de contrôle indépendants et l’application de sanctions contre les pratiques illégales. Il a également appelé à rétablir l’obligation de stage professionnel pour les jeunes architectes avant l’exercice, ainsi qu’à instaurer un système de qualification et d’orientation au sein de l’ordre professionnel.
Il a proposé de sanctionner les pratiques non professionnelles en surveillant le nombre de dossiers signés par chaque architecte et en appliquant des redevances progressives pour ceux qui dépassent les seuils raisonnables, les recettes servant à alimenter le fonds social des architectes.
“On ne peut pas bâtir le Maroc de demain avec les lois des années 1950”
Le syndicat a également plaidé pour la réforme du système des concours d’architecture, en fixant un plafond de participants et en prévoyant une indemnisation symbolique, afin de garantir l’égalité des chances et de mettre fin à l’exploitation du travail des architectes.
Dans son intervention, Hassan El Mandjra Essâadi, président du syndicat, a affirmé que cette table ronde constitue “une étape concrète vers l’élaboration d’un pacte de réforme de la profession”, qui sera soumis au Chef du gouvernement et au Parlement pour adoption législative et réglementaire. Il a souligné que les architectes “ne réclament pas des privilèges, mais la justice et un cadre légal moderne garantissant la dignité professionnelle et la confiance dans le secteur”.
De son côté, Ali Guessous, vice-président du syndicat, a déclaré que la profession traverse “une phase critique”, ajoutant : “On ne peut pas construire le Maroc de demain avec des lois des années 1950. Il est temps d’engager une réforme globale plaçant l’architecte marocain au cœur du développement national.”
