S’exprimant lors d’une rencontre organisée par le Conseil consultatif pour la transplantation d’organes humains à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, il a souligné que ces chiffres demeurent modestes, rapporte Hespress.
« Il faut chercher les raisons de cette faiblesse pour renforcer cette démarche humanitaire, d’autant plus que les Marocains ont ce sens de solidarité », a-t-il déclaré.
Le ministre a précisé que le Maroc n’a enregistré que 564 dons d’organes entre 2013 et 2022, ajoutant : « Sur 36 millions de Marocains, seuls ce nombre a franchi le pas. Nous devons nous interroger : avons-nous échoué à convaincre nos citoyens ou n’avons-nous pas mené la campagne nécessaire ? »
Abdellatif Ouahbi a rappelé que trois sujets le préoccupent particulièrement : l’erreur médicale, le recours à l’ADN et le don d’organes. Il a regretté que ce dernier soit devenu « une pratique bureaucratique complexe », se demandant : « Pourquoi faut-il que le donneur se déplace jusqu’au tribunal pour s’inscrire ? »
Il a annoncé avoir demandé à son département de mettre en place une procédure numérique permettant l’inscription à distance via téléphone ou autre moyen informatique, tout en assurant la confidentialité et la sécurité du processus.
« C’est faisable dès maintenant », a-t-il assuré, précisant que des réunions auront lieu dans les prochaines semaines pour finaliser le dispositif.
Le ministre a rappelé plusieurs textes encadrant le don d’organes, notamment les lois de 1999 et 2002 ainsi que l’arrêté conjoint de 2004, estimant nécessaire d’adapter ce cadre juridique car « la science et les besoins évoluent rapidement ». Il a également appelé à revoir les amendements du 20 mai 2014.
Évoquant un précédent échec de convention dans un pays islamique, Ouahbi a insisté sur la dimension universelle du don : « Je me suis opposé fermement, car pour moi, le don d’organes n’a ni religion, ni langue, ni couleur : c’est un acte purement humain. »
Et d’ajouter : « Si nous transformons le don d’organes en sujet religieux ou identitaire, nous en pervertissons la dimension humaine. »
