Nuit de violences dans plusieurs villes lors d’une quatrième journée de protestations

Les scènes de violence se sont poursuivies mardi dans plusieurs villes du pays, marquant une nouvelle escalade du mouvement de protestation dit de la “GenZ212”. Des affrontements violents ont opposé manifestants et forces de l’ordre à Aït Amira, Inzegane, Béni Mellal, Errachidia et Témara, tandis que les opérations d’interdiction et de dispersion se poursuivaient dans les grandes métropoles comme Oujda, Casablanca, Rabat et Tanger.

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Un important dispositif de police avait été déployé lundi 29 septembre 2025 au quartier Derb Ghallef, à Casablanca pour procéder à l'arrestation des manifestants de la GenZ212. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

Ces événements ont fait plusieurs blessés, tant parmi les manifestants que dans les rangs des forces de sécurité. Des sources locales ont indiqué que les interventions policières ont eu recours à une force massive afin de disperser les rassemblements et d’empêcher leur propagation vers les quartiers voisins.

À Béni Mellal, le centre-ville a connu plusieurs heures de tension après qu’un groupe de jeunes a tenté d’organiser un sit-in pacifique. Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues, déclenchant des jets de pierres en riposte et l’usage de gaz lacrymogènes, transformant les rues en champ d’affrontements. Aït Amira, dans la province de Chtouka Aït Baha, a également été le théâtre de violents heurts : des manifestants y ont bloqué la route principale, avant d’être dispersés par les forces de sécurité dans une atmosphère de poursuites et de contre-attaques qui ont duré plusieurs heures.

À Errachidia, les manifestants ont scandé des slogans en faveur de la justice sociale et de l’amélioration des conditions économiques. Mais l’intervention des forces de l’ordre a provoqué des blessés et des arrestations parmi les jeunes participants. À Témara, les protestataires ont tenté de se rassembler sur la place centrale, mais ils ont été encerclés par un dispositif sécuritaire important, suivi d’une dispersion forcée, entraînant des affrontements sporadiques dans certains quartiers.

Le jeune d’Oujda hospitalisé

Parallèlement, les grandes villes ont également connu des tensions. À Casablanca, un dispositif sécuritaire massif a été déployé, notamment sur la place Sraghna. À Tanger, plusieurs manifestations dispersées ont été rapidement réprimées. À Rabat, certaines rues se sont transformées en points de confrontation après des tentatives d’organiser des marches spontanées.

Sur un autre plan, la Wilaya de l’Oriental a démenti catégoriquement les rumeurs faisant état du décès d’un jeune à Oujda lors des affrontements de mardi soir, précisant qu’il s’agissait en réalité d’un manifestant blessé par un véhicule des forces de l’ordre. Celui-ci est actuellement hospitalisé et son état est jugé stable, sans danger pour sa vie.

Au milieu de ces événements, le mouvement GenZ212 a publié un nouveau communiqué dans lequel il affirme que sa présence dans la rue “n’est ni une menace ni une aventure”, mais bien “un appel sincère pour le droit à la santé, à l’éducation, à l’emploi et à une vie digne”. Le texte souligne que ces revendications constituent des droits légitimes et non des privilèges, et appelle le gouvernement à engager un dialogue responsable au lieu de poursuivre une politique d’ignorance et de répression.

Les jeunes du mouvement réaffirment également leur attachement à trois principes : éviter toute dérive verbale ou physique vers la violence, protéger les biens publics et privés, et maintenir la mobilisation jusqu’à la réalisation de la justice sociale.

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