Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi à Rabat pour présenter le mémorandum de son parti sur les élections de 2026, Lachgar s’est interrogé : « Pourquoi la présomption d’innocence n’empêche-t-elle pas le parquet d’envoyer une personne en prison ? Combien d’innocents n’ont été blanchis qu’après avoir purgé une période de détention préventive ? ».
Il a ajouté : « Ne serait-il pas possible, pour ceux qui veulent améliorer et assainir le processus électoral — qu’il s’agisse des institutions, des partis ou du ministère de l’Intérieur — d’empêcher les corrompus de se présenter afin de protéger les voix de la Nation ? », réaffirmant son soutien à toute initiative visant à développer le processus électoral et à l’assainir des fauteurs de corruption.
Lachgar a ainsi appelé à interdire à toute personne poursuivie en justice de se porter candidate, critiquant ceux qui « se cachent derrière un pacte d’honneur », en référence aux partis ayant proposé la signature d’un tel pacte pour écarter uniquement les candidats poursuivis pour corruption financière, au lieu d’en faire une obligation légale.
Le leader socialiste a déclaré : « Quand les partis se mettront d’accord sur cette question, on pourra alors tenir le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Justice et le gouvernement pour responsables », rappelant que son parti avait déjà proposé de ne pas accorder d’investiture aux personnes suspectées, mais qu’on lui avait répondu de laisser l’administration faire son travail, car elle savait pertinemment qui se livrait au trafic de drogue et à l’argent sale.
Par ailleurs, Driss Lachgar a souligné que son parti avait été le premier à réagir, avec responsabilité, aux déclarations du chef du gouvernement sur les chaînes Al Aoula et 2M, estimant qu’elles étaient anticonstitutionnelles et illégales.
Il a aussi critiqué la forme de l’entretien accordé au chef du gouvernement, s’interrogeant : « Les journalistes flattent-ils les chefs de partis ? Comme vous l’avez vu sur Al Aoula et 2M, nous avons malheureusement constaté de la connivence dans le déroulement de l’entretien, au point de remettre en cause les compétences de certains journalistes que nous respectons pourtant. D’autant plus que ceux qui ont interviewé le chef du gouvernement m’avaient déjà interrogé, et à chaque fois cela s’est mal passé ».
Lachgar a ajouté qu’en tant que premier secrétaire de l’USFP, il « subit des attaques médiatiques ».
Enfin, réagissant à l’annonce faite par Mohamed Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), de l’adhésion de la journaliste et militante Maïssa Salama Ennaji à son parti, Lachgar a déclaré : « J’apprécie toute démarche de citoyen choisissant l’engagement et l’action politique, que ce soit en tant que candidat ou membre. L’adhésion à un parti repose sur l’appartenance et les idées. La candidature, elle, obéit à des procédures. Je ne peux donc que saluer le choix de tout citoyen qui décide de s’engager politiquement ».
