“L’intérêt national est au-dessus de tout”, déclare Nasser Zefzafi aux funérailles de son père

Nasser Zefzafi, condamné à 20 ans de prison à la suite du Hirak du Rif en 2016, a pris la parole ce jeudi après-midi depuis la maison de son défunt père, Ahmed Zefzafi, où il recevait les condoléances et assistait aux funérailles. Drapé d’un keffieh palestinien offert par l’un des présents, il s’est adressé aux personnes venues lui témoigner leur soutien.

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Ce que nous voyons aujourd’hui réchauffe le cœur, et c’est en réalité un message clair et explicite que nous sommes tous enfants de cette patrie. Et quand je parle de la patrie, je ne parle pas seulement du Rif, mais de chaque parcelle du pays”, a-t-il déclaré, ajoutant que “quels que soient nos désaccords, quelles que soient nos opinions ou idées, elles servent avant tout l’intérêt de la patrie. Rien ne doit primer sur l’intérêt national”.

“Ma présence parmi vous aujourd’hui est une réalité, et je ne suis pas de ceux qui nient les efforts des autres. Je dois le dire pour l’Histoire : je ne serais pas parmi vous aujourd’hui sans la grâce de Dieu d’abord, et sans le grand effort déployé par l’Administration pénitentiaire, représentée en particulier par son délégué”, a-t-il souligné, faisant référence à Mohamed Salah Tamek, délégué général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion (DGAPR).

“Je sais parfaitement ce que je dis, car les choses ne sont pas aussi simples qu’on pourrait l’imaginer pour parvenir jusqu’à Al Hoceïma. Tous les cadres ont travaillé jusqu’aux dernières heures pour rendre possible mon vœu d’assister aux funérailles de mon père”, a-t-il relevé.

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À propos du défunt, il a ajouté : “Je le surnomme – si vous l’acceptez, en toute modestie – le père des hommes et des femmes libres. Il a consacré sa vie à la patrie, et lorsque je parle de la patrie, j’entends aussi bien son Nord que son Sud, son Est et son Ouest”.

Après quelques précisions organisationnelles liées à la présentation des condoléances et aux funérailles, il a conclu : “Votre présence aujourd’hui est une victoire pour la patrie”.

Ahmed Zefzafi, père de Nasser Zefzafi, condamné en 2019 à 20 ans de prison suite aux procès qui ont suivi les manifestations du Hirak du Rif en 2016, est décédé mercredi 3 septembre, avait annoncé son fils Tarik sur les réseaux sociaux.

Le défunt s’est éteint après une longue lutte contre la maladie. Il avait notamment joué le rôle de porte-parole officieux de son fils et des familles des prisonniers du Hirak.

Dans un communiqué publié à cette occasion, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a salué la mémoire d’“un militant et défenseur des droits humains” qui a incarné “la douleur et l’injustice subies par le Rif”. L’organisation a présenté ses condoléances à la famille du défunt et à la population rifaine, tout en renouvelant son appel à la libération de Nasser Zefzafi, de ses compagnons ainsi que de l’ensemble des détenus politiques.