Dans un entretien donné au journal Libération, la chanteuse marocaine Meryem Aboulouafa explique avoir été placée sous OQTF (Obligation de quitter le territoire français), fin juin. Alors que l’artiste prépare la sortie de son deuxième album Family, elle reçoit un mail de l’administration numérique pour les étrangers en France. Elle pense dans un premier temps à une “simple formalité” mais constate qu’il s’agit d’une obligation de quitter le territoire français, sous 30 jours. Le motif : “insuffisance de ressources”.
Elle a immédiatement déposé un recours, suspensif, qui lui permet de rester dans l’attente du jugement.
Son cas illustre les critères stricts appliqués aux étrangers par l’administration française, en particulier lorsqu’ils exercent des professions artistiques ou indépendantes aux revenus jugés instables.
Chaque année, près de 120 000 OQTF sont prononcées, mais seules 10 à 15 % sont exécutées. Le dispositif est régulièrement critiqué pour sa rigidité, car il ignore souvent l’apport culturel, économique ou scientifique de personnes pourtant intégrées. Associations et défenseurs des étrangers dénoncent une approche “comptable” des situations, qui fragilise chercheurs, étudiants, travailleurs indépendants… et artistes.
Architecte d’intérieur de formation, Meryem Aboulouafa s’est imposée avec un premier album lumineux, “Meryem”, sorti en 2019 sur le label français Animal63. Ce disque introspectif, aux influences croisées entre Orient et Occident, a été salué par la critique. Sa voix aérienne et ses compositions, oscillant entre pop et sonorités électroniques, évoquent une esthétique comparable à Lana Del Rey, Dido ou Kate Bush, tout en s’ancrant dans la tradition arabo-andalouse avec des reprises comme Ya Qalbi.
