Dans le cadre de la mise en œuvre de sa réforme législative sur le cannabis, la Commission de contrôle des stupéfiants du Ghana (NACOC) a rencontré l’ambassadrice du Maroc à Accra afin d’étudier les mécanismes de régulation, d’octroi de licences et de traçabilité qui ont été développés au Maroc.
Sous la houlette du directeur général de la NACOC, Maxwell Obuba Mantey, la délégation ghanéenne a exprimé son intérêt pour plusieurs aspects concrets du chantier marocain : la conception des autorisations, les systèmes de contrôle de la chaîne de production, l’organisation des coopératives et les procédures de certification des variétés.
Du côté marocain, l’ambassadrice Imane Quaadil a proposé une coopération technique et confirmé des démarches visant à recevoir du personnel ghanéen en septembre pour des sessions d’observation et de formation.
Le Ghana a modifié son cadre juridique en 2023 pour permettre explicitement l’octroi de licences de culture de cannabis à faible teneur en THC, strictement destinées à des usages industriels et médicaux. Les amendements placent la responsabilité de la délivrance des licences au sein du ministère de l’Intérieur, tandis que la NACOC est chargée d’accompagner la mise en œuvre opérationnelle et le contrôle.
Les autorités ghanéennes ont depuis publié des lignes directrices visant à encadrer la chaîne productive, garantir la qualité et réduire les risques de détournement vers le marché récréatif, qui reste interdit.
Pour les responsables ghanéens, l’enjeu est double : créer des opportunités économiques formelles pour des agriculteurs aujourd’hui dépendants d’un circuit informel, et instaurer des garanties sanitaires et de traçabilité pour les patients et les industriels.
La coopération avec le Maroc s’inscrit donc dans une logique pragmatique d’apprentissage par l’expérience afin de concevoir des licences accessibles, mettre en place des mécanismes de contrôle acceptés localement et favoriser l’émergence de filières licites compétitives.
Depuis la promulgation de la loi n°13-21 en 2021 au Maroc, qui légalise la culture et les usages médicaux, pharmaceutiques et industriels du cannabis tout en maintenant l’interdiction de l’usage récréatif, une architecture institutionnelle autour de l’Agence nationale de régulation des activités relatives au cannabis (ANRAC) a progressivement été construite.
Le pays a engagé des campagnes d’octrois de premières autorisations, mis en place des dispositifs de traçabilité et expérimenté des formes de gouvernance collective au travers de coopératives, un modèle dont les décideurs ghanéens espèrent tirer des leçons pratiques.
