Hind Laidi, qui a fondé et préside l’association Jood depuis 2015, dénonce dans une vidéo les préjudices subis par son organisation à cause d’une « confusion » persistante avec une autre entité du même nom aux activités politiques présumées. Cette ambiguïté, qui perdure depuis environ cinq ans, nuit selon elle à la crédibilité et à la visibilité de son ONG humanitaire.
La présidente souligne que Jood, dont l’équipe de bénévoles est entièrement marocaine et se consacre à aider les personnes sans-abri, a toujours maintenu sa neutralité politique. Elle évoque la confiance témoignée par les donateurs et partenaires privés durant la crise sanitaire, quand son association s’est vu confier la distribution d’aide alimentaire nationale. Les listes de bénéficiaires, validées et scellées par les autorités locales à l’issue des opérations, attestent selon elle de la transparence de leurs interventions.
Laidi raconte que le problème est survenu lorsque, parallèlement, une autre structure baptisée « Joud » a commencé à opérer en utilisant des méthodes similaires (listes de bénéficiaires, distributions). Ce double emploi du nom a, d’après elle, semé le doute chez des citoyens et des donateurs, et a coïncidé avec des épisodes de récupération politique pendant des campagnes électorales.
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L’ONG revendique son apolitisme
Elle cite notamment des déclarations publiques et des vidéos où des bénéficiaires se retrouvaient ensuite présentés comme membres d’un parti, ce qui a aggravé la confusion autour de l’identité des deux organisations. Laidi affirme que tout cela se passait hors du contrôle de l’ONG et en dehors de son cadre, ajoutant que cette dernière n’a jamais eu de lien avec « ce parti ni avec ses campagnes. »
Le parti évoqué est le Rassemblement national des indépendants (RNI), dirigé par Aziz Akhannouch, chef du gouvernement depuis 2021 dont la fondation portant le nom de « Joud » existe depuis 2016. L’évocation du lien entre une structure nommée « Jood » et des opérations présentées comme partisanes a contribué, selon Laidi, à une montée des commentaires hostiles contre son ONG sur les réseaux sociaux.
Face à cette dérive, la présidente de l’association affirme avoir entrepris des démarches formelles : envoi d’un avertissement à l’autre entité pour exiger un changement de dénomination et protéger la réputation de son ONG, démarches qui, d’après elle, sont restées sans effet.
Il est également à noter que Laidi avait déjà adressé, en 2021, une mise en demeure à Aziz Akhannouch qui se trouvait, à l’époque, sous le feu des critiques pour avoir « instrumentalisé » des actions caritatives à des fins politiques.
