Durant l’audience, à laquelle TelQuel a pu assister, la défense s’est présentée entourée de plusieurs amis et membres de la famille de la militante dont la présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), Souad Brahma, qui a rejoint l’équipe de défense.
Demande de liberté provisoire
Les avocats ont déposé une demande de mise en liberté provisoire que le tribunal a refusée. L’audience a été reportée au mercredi 27 août.
L’affaire remonte à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une photographie publiée fin juillet, sur laquelle la militante porte un t-shirt portant une inscription qualifiée de “blasphématoire” par les autorités. L’information judiciaire a été ouverte et Ibtissame Lachgar a été interpellée le dimanche 10 août à son domicile à Rabat puis placée en garde à vue à Casablanca. La garde à vue, suivie d’une présentation devant le procureur mardi 12 août, a conduit à des poursuites pour “atteinte à la religion islamique” et un placement en détention provisoire.
Jusqu’à 5 ans de prison encourus
La publication avait déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et, selon la militante elle-même, une campagne de harcèlement numérique accompagnée de menaces. Ibtissame Lachgar avait déclaré, peu de temps avant son arrestation, avoir reçu “des milliers” d’insultes, ainsi que des menaces de viol et de mort, et d’appels à la violence à son encontre, antécédents qui ont été évoqués devant la cour.
Sur le plan pénal, la militante est poursuivie en application de l’article 267-5 du Code pénal marocain, texte fréquemment invoqué dans les dossiers d’“offense à la religion.” Cet article punit d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de 20.000 à 200.000 dirhams “quiconque porte atteinte à la religion islamique”, peine susceptible d’être portée à cinq ans d’emprisonnement et à des amendes plus lourdes lorsque l’infraction est commise publiquement, y compris par voie électronique.
Du côté de l’opinion publique, l’affaire fragmente un espace déjà polarisé : certains internautes et responsables saluent l’action judiciaire comme une réponse à une provocation, tandis que d’autres appellent à la retenue et au respect des droits procéduraux.
