Ibtissame Lachgar : “Il faut une plus grande mobilisation sur le droit des femmes à disposer de leur corps”

Après la condamnation, le 30 septembre, de Hajar Raissouni et son fiancé à un an de prison ferme, et celle de son médecin à deux ans de réclusion, réaction à chaud de Ibtissame Betty Lachgar, cofondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (M.A.L.I.)

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Ibtissame Lachgar devant le Tribunal de Rabat.

Je suis évidemment choquée par ce qui arrive, mais honnêtement, je ne m’attendais pas pour autant à un acquittement : comment être étonnée quand on sait que c’est la stricte application du Code pénal, qui condamne les relations sexuelles hors mariage et l’avortement ? Les droits sexuels et reproductifs n’existent pas. J’espère que l’opinion publique va se mobiliser et que la société civile va se solidariser afin de faire de ces droits des droits à part entière. C’est une priorité”, déclare la militante.

“Les femmes sont les premières victimes de ces lois. Il faut une plus grande mobilisation sur ces questions-là, sur le droit des femmes à disposer de leur corps. Le système en général et la justice en particulier sont patriarcaux. Le simple fait que les relations sexuelles entre personnes consentantes soient criminalisées dans le Code pénal alors que le viol conjugal ne l’est pas suffit à prouver une domination masculine, un contrôle du corps et de la sexualité des femmes.”

“Il est plus qu’urgent, aujourd’hui, d’appeler à la dépénalisation des relations sexuelles hors mariage, de l’avortement et de l’homosexualité,” conclut-elle.

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