Ce qu’il s’est passé
Selon le rapport annuel de l’Office des Changes, le Maroc a vu son déficit commercial global s’aggraver de 6,8 % en 2024, atteignant 304,9 milliards de dirhams (MMDH).
Quel est le contexte
Cette détérioration résulte d’une hausse des importations (+6,4 %, à 761,3 MMDH) plus forte que celle des exportations (+6,1 %, à 456,3 MMDH), portant le taux de couverture à 59,9 %.
Dans le détail :
- Le commerce avec l’Europe reste dominant (62 % du total), même si sa part diminue légèrement. L’Espagne (1er partenaire) creuse un déficit de 18,2 MMDH, tandis que la France (2e partenaire) génère un excédent record de 15,9 MMDH, en hausse de 4 MMDH.
- Le déficit avec la Chine se creuse fortement à 86,3 MMDH, contre 72,5 MMDH un an plus tôt.
- Le déficit avec les États-Unis continue d’augmenter, atteignant 57 MMDH.
- En revanche, le déficit avec l’Allemagne se réduit légèrement à 16,4 MMDH (−585 MDH).
- Avec l’Afrique, le solde reste excédentaire mais recule à 7,2 MMDH, contre 12,6 MMDH en 2023, en raison notamment d’un déficit accru avec l’Égypte (+3 MMDH).
Par secteur :
L’automobile reste le premier poste d’exportation avec 157,6 MMDH (+6,3 %), devant les phosphates et dérivés (87,1 MMDH, +13,5 %), l’agroalimentaire (87 MMDH, +9,1 %) et l’aéronautique (+14,9 %).
Le textile recule légèrement (−0,5 % à 45,9 MMDH), tandis que l’électronique se stabilise.
Pourquoi c’est important
Ce tableau montre une croissance soutenue des échanges (+6,3 %), mais qui profite davantage aux importations qu’aux exportations. Le creusement du déficit avec l’Asie (notamment la Chine) et les États-Unis renforce la vulnérabilité de la balance commerciale. Toutefois, les excédents enregistrés avec des partenaires comme la France ou certains pays d’Afrique illustrent la diversification croissante des marchés marocains.
En parallèle, le maintien de l’automobile en tête des exportations, couplé à la reprise des phosphates, de l’agroalimentaire et de l’aéronautique, confirme le repositionnement sectoriel de l’économie marocaine vers des industries compétitives.
Ce qu’ils en disent
- L’Office des Changes souligne une amélioration de l’effort d’exportation, passé à 29,7 % du PIB, et une meilleure pénétration des importations (41,4 %). L’Europe reste le premier partenaire du Royaume, même si sa part s’érode (−1,2 point), au profit de l’Asie, qui progresse à 20,1 % des échanges (+1,2 point), portée par la Chine, l’Inde et le Kazakhstan. L’Afrique gagne aussi du terrain en volume d’échange (+6,3 %), bien que les excédents se réduisent, principalement avec la Côte d’Ivoire et Djibouti. L’Océanie, bien que marginale (0,5 % du total), enregistre une croissance spectaculaire (+48,1 %), notamment avec l’Australie.
