Ce qu’il s’est passé
Ces documents concernent un bien immobilier de luxe situé à Rabat, acquis en 2020, avant son entrée au gouvernement, pour un montant de 11 millions de dirhams via un prêt bancaire. Le remboursement aurait été intégralement effectué en quatre ans. En août 2024, Ouahbi en aurait fait don à son épouse, en le déclarant à une valeur d’un million de dirhams seulement. Plusieurs observateurs y voient un cas manifeste de fraude fiscale.
Pourquoi c’est important
L’affaire relance les interrogations sur la transparence patrimoniale des hauts responsables publics, la valorisation des donations immobilières, et les pratiques d’évitement fiscal. Elle intervient dans un climat politique tendu, marqué par une défiance croissante envers les élites, la viralité des contenus anonymes en ligne et l’usage politique de données personnelles fuitées.
Ce qu’il en dit
Dans une interview accordée à Hespress, Ouahbi affirme qu’il s’agit d’un don dans le cadre du « kadd wa sa‘aya » : « J’ai offert ce bien à mon épouse, qui ne travaille pas et ne perçoit aucune pension, en reconnaissance de son travail domestique, que j’ai toujours défendu. »
Il assure ne pas avoir obtenu de gain personnel de cette opération : « Je n’ai perçu aucun argent ni tiré de profit de cette opération. Ce n’est ni une vente ni un transfert rémunéré. »
Le ministre estime également avoir le droit de fixer la valeur du bien : « Je suis libre d’évaluer le bien au montant que je souhaite dans le cadre d’une donation. Il n’y a eu ni transaction ni bénéfice. »
Concernant la déclaration aux autorités, Ouahrbi indique que « le transfert du bien a été déclaré, tout comme l’ensemble de mes biens. Je suis prêt à me soumettre à une révision fiscale. »
Pour lui, il s’agit de fuites sélectives et manipulées : « Ceux qui diffusent ces documents le font de manière volontairement partielle. Il s’agit d’acteurs à l’étranger, mais aussi d’un “cinquième colonne” à l’intérieur du pays, qui exploitent ces documents pour régler des comptes. »
Enfin, concernant l’origine et l’instrumentalisation des fuites, le ministre pense que « ces documents proviennent de sources obscures à l’étranger. Leur diffusion ne vise pas la vérité mais la manipulation. »
