Deux nuits de violences xénophobes ont secoué Torre Pacheco, en Espagne, après des appels à la « chasse aux Marocains » diffusés par l’extrême droite sur les réseaux sociaux. L’incident révèle une montée préoccupante des tensions racistes dans le pays, alimentées par la désinformation et l’instrumentalisation politique.
Ce qu’il s’est passé
Torre Pacheco, dans la région de Murcie (Espagne), a été secouée par deux nuits de violences après des appels à la « chasse aux Marocains », diffusés par des groupes d’extrême droite sur les réseaux sociaux. Huit personnes ont été arrêtées, dont trois Maghrébins. Cinq blessés légers sont à déplorer.
Contexte
Les violences ont éclaté après l’agression non élucidée de Domingo, 68 ans, passé à tabac en pleine rue, mercredi 9 juillet. Une attaque exploitée par l’extrême droite pour relancer les discours sécuritaires et xénophobes. Des vidéos diffusées en ligne montrent des agressions et des slogans racistes. Certaines images seraient toutefois sorties de leur contexte ou issues d’autres pays. Le ministère de l’Intérieur a renforcé les effectifs policiers et surveille les réseaux sociaux.
Pourquoi ça compte
L’incident illustre une montée alarmante des tensions xénophobes en Espagne, dans un contexte de désinformation, de discours de haine, et d’instrumentalisation politique par l’extrême droite. À Torre Pacheco, les Marocains représentent environ 30 % de la population, majoritairement dans le secteur agricole.
Ce qu’ils en disent
- La déléguée du gouvernement régional parle d’une « chasse organisée » et évoque une enquête en cours.
- Le maire (PP) appelle à ne pas répondre à la violence par la violence
- Vox, parti politique espagnol d’extrême droite, accuse l’immigration d’être responsable de l’insécurité.
- Le syndicat UGT (Union générale des travailleurs) et l’évêque de Carthagène appellent au calme.
- La FEERI (Fédération Espagnole des Entités Religieuses Islamiques) condamne les attaques racistes et la stigmatisation des musulmans.
- La ministre Sira Rego dénonce des « persécutions racistes ».
