Les Espagnols considèrent le Maroc comme la principale menace extérieure pour leur pays”. C’est l’un des résultats d’une enquête lancée par le prestigieux Real Institut Elcano, un laboratoire d’idées espagnol. Selon leur dernier baromètre publié ce lundi, depuis Madrid, 55% des sondés considèrent leurs voisins Marocains comme une menace. Ce chiffre, est en progression constante depuis 2021 (35%), plaçant le Royaume devant la Russie (33%) et les Etats-Unis (19%).
Selon le journal espagnol El País, cette perception s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre Rabat et Madrid, notamment depuis l’épisode migratoire de Sebta en 2021. Bien que le soutien du gouvernement de Pedro Sánchez à l’initiative d’autonomie marocaine du Sahara ait contribué à un certain apaisement diplomatique, la défiance à l’égard du voisin du Sud ne faiblit pas.
Un constat “aussi intéressant que frappant”, selon un expert
Un sentiment qui, d’après El País, est plus fort chez électeurs de droite (56%) que chez les électeurs de gauche (38%). Le baromètre révèle aussi un clivage idéologique marqué : à gauche, les critiques ciblent davantage Israël et les États-Unis, tandis qu’à droite, la défiance s’exerce plus fortement envers le Maroc et la Palestine. Enfin, Zelensky est le dirigeant international le mieux perçu, tandis que Poutine et Netanyahu recueillent les plus fortes antipathies.
Le fait que le Maroc soit perçu comme une menace par 55 % des personnes interrogées est “aussi intéressant que frappant”, explique par téléphone le politologue Ignacio Molina, chercheur principal à Elcano au journal País. Ce qui surprend l’expert, ce n’est pas que le Maroc figure parmi les menaces — cela a été une question “récurrente”, dit-il —, mais que la Russie ne soit pas en première position.
Autre évolution notable : la méfiance envers les États-Unis sous la présidence de Donald Trump, dont les politiques inquiètent désormais 19 % des Espagnols (contre 5 % en 2024), principalement à cause de la menace de droits de douane. La Russie reste perçue comme une menace secondaire, une perception étonnamment stable malgré trois années de guerre en Ukraine et un net durcissement de l’OTAN à son encontre.
(Avec El País)
