Le parquet général de la Cour d’appel de Casablanca a prononcé jeudi 10 juillet un réquisitoire sévère concernant le scandale du marché de propreté de la commune de Bouznika. Trois personnes font l’objet de poursuites pour détournement de fonds publics, falsification de documents officiels et abus de pouvoir. Il s’agit de Mohamed Krimen, ancien président du conseil communal de Bouznika, d’Abdelaziz El Badraoui, ex-directeur général de la société Ozone, ainsi que d’un ancien ingénieur communal.
Pourquoi ça compte
L’affaire met en lumière de graves dysfonctionnements dans la gestion déléguée des services publics locaux, avec des pratiques présumées de collusion, de surfacturation, d’exclusion de concurrents et de manipulation budgétaire, révélées par la Cour des comptes et l’IGAT.
Ce que dit le parquet
– Le contrat, d’une valeur de plus de 10 millions de dirhams, a été prolongé illégalement et ses coûts augmentés sans consultation du conseil communal.
– Une tentative de transfert frauduleux de 6 millions de dirhams vers un budget social a été stoppée in extremis par la justice administrative.
– Des écarts importants ont été constatés entre les volumes réels de déchets et les quantités déclarées.
– La société délégataire aurait refusé de restituer du matériel communal, invoquant à tort sa propriété.
– Les pénalités pour manquements contractuels n’ont jamais été appliquées.
– Une entreprise concurrente aurait été écartée au profit d’Ozone dans des conditions jugées non transparentes.
– Des véhicules communaux et téléphones auraient été attribués à des tiers non habilités.
– Des documents falsifiés et des factures non justifiées auraient été établis au bénéfice d’Ozone.
La phrase clé
« Les faits démontrent une gestion des fonds publics en contradiction flagrante avec les principes de probité et d’intégrité », a soutenu le ministère public, appelant à l’application rigoureuse des sanctions prévues par la loi.
