La députée Fatima Tamni, représentante de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), a adressé une question écrite à Ahmed Bouri, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, au sujet de « l’exportation des ressources en eau du Maroc, pays frappé par la sécheresse, vers les nations les plus riches en eau ».
Dans cette question, dont TelQuel Arabi détient copie, la parlementaire souligne qu’alors que le Maroc fait face à une sécheresse récurrente et à une baisse inquiétante du niveau des eaux souterraines et de surface, le pays continue d’augmenter ses exportations d’avocats — l’un des produits agricoles les plus gourmands en eau. Il est en effet estimé que la production d’un kilogramme d’avocats nécessite environ 1 000 litres d’eau.
Tamni révèle que le Maroc a enregistré un record d’exportations de ce fruit vers le Canada au cours de la campagne 2024-2025, avec plus de 1 180 tonnes expédiées — ce qui équivaut à plus de 1,18 milliard de litres d’eau —, une situation paradoxale et préoccupante, dans la mesure où le Canada figure parmi les pays les plus riches en ressources hydriques.
Des déséquilibres hydriques et structurels manifestes
La députée déplore la poursuite de l’exportation indirecte d’eau à travers ces cultures destinées à l’exportation, vers des pays qui ne souffrent d’aucune pénurie, ce qui soulève, selon elle, de sérieuses interrogations sur l’efficacité des politiques agricoles et les priorités en matière de sécurité hydrique nationale, dans un contexte marqué par des déséquilibres hydriques et structurels manifestes.
Dans ce cadre, Tamni a interrogé le ministre sur les mesures envisagées pour freiner l’expansion des cultures agricoles fortement consommatrices d’eau — en premier lieu l’avocat —, et pour revoir leur orientation à l’exportation, en tenant compte de l’intérêt hydrique et environnemental du Maroc.
