Tanger : polémique après une scène de “baiser torride” dans un tournage de film italien

Le tournage d’un film italien à Tanger, sur la Place du 9-Avril, a déclenché une vive controverse après la diffusion d’une scène de “baiser torride” entre deux acteurs étrangers. Filmée en pleine journée et dans un lieu public très fréquenté, cette séquence a provoqué l’indignation d’un centre local de défense des droits, qui a saisi le parquet.

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scène jugée indécente du torunage d'un film italien à Tanger

Selon Hespress, le Centre de protection des droits sociaux et des stratégies de développement a déposé une plainte officielle auprès de la présidence du ministère public à Rabat. Il dénonce une scène “moralement choquante”, tournée “dans un espace public ouvert, bondé de passants, d’enfants, de familles, de personnes âgées et de couples”, et assure que cette scène s’est répétée à différents endroits de la place, parfois “en l’absence apparente d’équipe de tournage”, ce qui “suscite encore plus de soupçons”.

Dans un communiqué, l’organisme de protection des droits sociaux qualifie cette séquence de “violation flagrante de la loi et de l’éthique publique”, et accuse certains cercles étrangers hostiles à l’intégrité territoriale du Maroc de vouloir “profiter de ce type de contenus pour alimenter des campagnes de désinformation. Il évoque en particulier les campagnes électroniques qui, selon lui, “tentent faussement de faire passer le Royaume pour une destination du tourisme sexuel”.

Il parle d’une “campagne médiatique systématique, orchestrée par des médias et plateformes liés à un État voisin”, visant à “ternir l’image du Maroc et à saper ses fondements culturels et moraux”. Tout en estimant que ces accusations pourraient être exploitées dans de futures opérations de manipulation ciblées contre le Royaume.

Une “exploitation inacceptable de symboles historiques et nationaux”

Sur le plan juridique, le centre rappelle que les faits relèvent de l’article 483 du Code pénal relatif à l’outrage public à la pudeur, dénonçant aussi “l’atteinte aux valeurs culturelles et religieuses de Tanger” et “l’exploitation inacceptable d’un espace public chargé de symboles historiques et nationaux”.

Il critique en outre l’absence de réaction des autorités locales et des forces de l’ordre, “dont le rôle est pourtant de veiller à l’ordre public”, et appelle à une enquête approfondie visant toutes les parties non publiques impliquées : la société de production, les acteurs, l’équipe technique, ainsi que, “le cas échéant”, le Centre cinématographique marocain (CCM) et la commune de Tanger.

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La commune de Tanger accusée de “négligence dans la surveillance de l’espace public”

Le centre souligne que le CCM serait “directement responsable” si le scénario validé contenait cette scène. Dans le cas contraire, “la responsabilité pénale incombe à la société de production, qui aurait délibérément violé les conditions de tournage”, ce qui “exige des sanctions” contre les partenaires marocains et étrangers concernés.

Il appelle également à un durcissement des conditions d’autorisation de tournages étrangers, pour empêcher “l’infiltration d’œuvres véhiculant des messages douteux, contraires aux valeurs nationales”.

Enfin, la commune de Tanger est accusée de “négligence dans la surveillance de l’espace public”, si elle a effectivement délivré une autorisation incluant cette scène. Deux nouvelles plaintes ont été adressées, l’une au ministère de l’Intérieur, l’autre au ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication – secteur de la communication – pour “manquements graves” du CCM.

Le Centre de protection des droits sociaux et des stratégies de développement a également alerté le Conseil national des droits de l’Homme sur les “risques de banalisation de pratiques qui menacent la sécurité morale de la société”, rappelant que “la liberté de création, bien que garantie, ne saurait justifier la transgression de la loi ni l’atteinte aux symboles nationaux et aux valeurs collectives”.

Pour rappel, la scène en question a été tournée dans le cadre du film Quella linea sottile (“Cette ligne fine”) du réalisateur italien Gabriele Muccino, actuellement en tournage dans plusieurs villes marocaines, dont Tanger, Asilah, Tétouan, M’diq et Marrakech.

Ce projet cinématographique bénéficie d’un important soutien logistique local et rassemble un casting prestigieux, avec notamment Stefano Accorsi, Miriam Leone et Claudio Santamaria. La production est assurée par Lotus Production en partenariat avec Rai Cinema et Asa Nisi Masa.