Face à la hausse du travail des enfants, la députée Nadia Tahami (PPS) interpelle le gouvernement, appelant à des mesures urgentes face à un phénomène qui touche plus de 100.000 mineurs, majoritairement déscolarisés et exposés à des travaux dangereux.
La députée Nadia Tahami, membre du groupe du Progrès et du Socialisme, a adressé une question écrite au ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences au sujet des chiffres alarmants liés au travail des enfants.
Dans ce document, dont TelQuel Arabi détient une copie, Tahami fait référence à une note publiée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP) le 16 juin 2025. Ce rapport révèle qu’en 2024, 101.000 enfants âgés de 7 à 17 ans étaient en situation de travail, principalement en milieu rural. Près de 90 % d’entre eux ont définitivement quitté l’école.
La députée souligne également que, selon cette même note officielle, 6 enfants sur 10 parmi ceux concernés exercent des travaux dangereux, soit 62.000 enfants.
280.000 à 300.000 abandons scolaires chaque année
Elle rappelle par ailleurs les données préoccupantes communiquées l’an dernier par le Conseil économique, social et environnemental sur les NEET (jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation), les 280.000 à 300.000 abandons scolaires annuels, ainsi que les statistiques sur l’économie informelle, qui compte plus de 2 millions d’unités de production non structurées, selon le HCP.
Dans sa question, Tahami demande au ministre quelles mesures son département entend prendre, en coordination avec les autres institutions publiques concernées, pour lutter contre le phénomène du travail des enfants, en particulier les formes interdites ou dangereuses. Elle appelle à l’application rigoureuse des articles 143, 147, 181 du Code du travail, ainsi que des conventions internationales ratifiées par le Maroc.
