Face au déficit commercial, le Maroc souhaite renégocier l'accord de libre-échange avec la Turquie

Face à un déséquilibre commercial de 3 milliards de dollars en défaveur du Maroc, alimenté en grande partie par les importations de tissus turcs, Rabat envisage une révision de son accord de libre-échange avec Ankara. Le gouvernement entend plaider pour davantage d’investissements turcs afin de rétablir une relation économique plus équilibrée.

Par

Image d'illustration. Crédit: Reve.Art

Le Maroc prévoit de revoir son accord commercial avec la Turquie et de plaider pour davantage d’investissements turcs afin de compenser un déficit commercial croissant, en grande partie alimenté par les importations de tissus turcs, ont indiqué mardi à l’agence de presse Reuters deux sources proches du dossier.

Omar Hjira, membre du gouvernement marocain chargé du commerce, se rendra prochainement en Turquie – sixième partenaire commercial du Maroc – pour discuter de mesures visant à atténuer un déficit de 3 milliards de dollars (plus de 27 milliards de dirhams), ont précisé les sources de Reuters, qui ont assisté à une réunion avec lui. Ces dernières ont requis l’anonymat en raison de la sensibilité du sujet.

Le ministère marocain du Commerce et de l’Industrie n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire de Reuters.

Des droits de douane élevés pour protéger les fabricants marocains

Signé initialement en 2004, l’accord de libre-échange entre le Maroc et la Turquie avait été amendé il y a cinq ans, notamment avec l’instauration d’un droit de douane de 90 % sur les importations de textiles et vêtements turcs, afin de protéger les fabricants et l’emploi au Maroc.

à lire aussi

Malgré ces mesures, les entreprises marocaines continuent d’importer massivement des tissus turcs pour répondre aux besoins du secteur national de l’habillement.

Selon les données officielles, le déficit commercial global du Maroc s’est creusé de 22,8 % au cours des quatre premiers mois de l’année, atteignant 109 milliards de dirhams. En 2024, le déficit s’était accru de 7 %, atteignant 306 milliards de dirhams. Celui avec la Turquie était le troisième plus important, après ceux avec les États-Unis et la Chine.