L'ordre des médecins dentistes alerte sur la prolifération des pratiques illégales

L'Ordre national des médecins dentistes (ONMD) tire la sonnette d'alarme face à la montée inquiétante des pratiques illégales de médecine dentaire au Maroc.

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Jon Tyson/unsplash

Dans un communiqué, l’organisation dénonce la prolifération d’individus « dépourvus de toute formation académique ou reconnaissance légale » qui exercent dans des locaux ne respectant pas les normes d’hygiène et de sécurité sanitaire.

L’ONMD souligne que « ces pratiques ont causé des incidents dramatiques largement relayés par les médias nationaux et documentés par les juridictions à travers le pays : décès dus à l’utilisation de produits anesthésiants falsifiés ou périmés, surdosages administrés de manière aléatoire, cas d’handicaps permanents ou de maladies infectieuses contractées dans des conditions d’hygiène déplorables ».

Ces pratiques anarchiques se déroulent notamment dans des locaux connus sous le nom de « fabricants de prothèses dentaires », où des citoyens reçoivent des traitements pseudo-médicaux en violation flagrante de la législation.

L’exercice de la médecine dentaire au Maroc est pourtant encadré par une législation rigoureuse, notamment la loi n° 07.05 relative à l’ordre national des médecins dentistes, l’article 184 de la loi 31.08 relative à la protection du consommateur, ainsi que la loi 84.12 sur les dispositifs médicaux. Ces textes exigent un doctorat en médecine dentaire, l’inscription au tableau de l’Ordre et l’obtention des autorisations nécessaires.

Malgré les efforts du ministère de l’Intérieur, qui a adressé des circulaires aux walis et gouverneurs du Royaume, et malgré les missions d’inspection ayant révélé de graves irrégularités, « le phénomène continue de prendre de l’ampleur ».

Cette situation préoccupe particulièrement dans un contexte où « le Maroc se prépare à accueillir de grandes manifestations touristiques et sportives internationales, attirant des milliers de visiteurs ». Le Royaume « ambitionne par ailleurs de se positionner comme une destination de choix dans le domaine des soins et de l’esthétique dentaire ».

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L’ONMD rappelle que « certaines ambassades étrangères ont d’ailleurs émis des alertes officielles à leurs ressortissants, les mettant en garde contre les risques liés à des soins reçus dans des établissements non agréés au Maroc ».

Dans le cadre de la réforme du système de santé, « le gouvernement a porté à onze le nombre de facultés de médecine dentaire ». Ce développement permettra au Royaume « de disposer d’un nombre suffisant – voire excédentaire de médecins dentistes, capables d’offrir des soins de qualité, accessibles, sécurisés et respectueux de la déontologie et de la loi en vigueur ».

L’Ordre appelle à « une action urgente et ferme des autorités locales pour fermer les locaux des illégaux non autorisés et sanctionner tout prothésiste dentaire dépassant le cadre de son autorisation, qui se limite à la fabrication de prothèses sur prescription du médecin dentiste, sans accueil de patients ni réalisation d’actes médicaux dans son laboratoire ».