Espagne : le patronat appelle Pedro Sánchez à “normaliser” la frontière de Melilia

La Confédération des entrepreneurs de Melilia (CEME) a appelé le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, à concrétiser la “normalisation des frontières entre l’Espagne et le Maroc”, en rétablissant la douane commerciale et le “respect mutuel” entre les deux pays, conformément à l’accord conclu lors de la rencontre tenue à Rabat le 7 avril 2022.

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La frontière séparant Nador de Melilia. Crédit: Hicham Rafih / AFP

Dans une lettre consultée par l’agence de presse espagnole EFE, le président de la CEME, Enrique Alcoba, remercie Pedro Sánchez pour sa visite à Melilia prévue lundi prochain à l’occasion de l’inauguration du nouvel hôpital universitaire, tout en lui faisant part de plusieurs « préoccupations » touchant à l’« avenir immédiat » de la ville autonome.

Il insiste notamment sur la nécessité d’assurer une sécurité juridique de part et d’autre de la frontière pour la douane commerciale avec le Maroc, accessible à tous les secteurs et entrepreneurs, « comme cela a été le cas durant de nombreuses années jusqu’à sa fermeture unilatérale par le Maroc en août 2018 ».

Alcoba déplore également que, depuis la réouverture de la frontière en mai 2022, le Maroc « continue d’empêcher l’entrée de produits en provenance de Melilla », en violation des principes de réciprocité et de libre circulation, ce qui entrave le commerce transfrontalier et freine le développement économique bilatéral.

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Il juge par ailleurs « inhumain » que les personnes souhaitant traverser la frontière vers le Maroc doivent patienter entre quatre et cinq heures pour parcourir à peine 100 mètres.

Dans le même courrier, Enrique Alcoba réclame l’intégration de Melilia au territoire douanier de l’Union européenne afin de permettre l’exportation de produits d’origine animale vers l’Europe. À défaut, il demande la mise en place de « mesures compensatoires efficaces », l’inclusion de la ville dans les plans européens de réindustrialisation, ainsi qu’une « harmonisation réglementaire effective » pour garantir son accès au marché unique européen.

Il plaide aussi pour l’élaboration d’une « stratégie de communication claire » visant à inscrire Melilia dans « le récit européen comme frontière sud, exemple de diversité culturelle et territoire stratégique ».

Assurer le développement et la prospérité de la ville

Parmi ses autres revendications, la CEME demande le maintien des réductions sur les cotisations sociales pour préserver la compétitivité du tissu entrepreneurial local et favoriser la création d’emplois, ainsi qu’une amélioration des liaisons aériennes et maritimes pour garantir les « droits à la mobilité » des citoyens et renforcer l’« intégration territoriale » de la ville au reste de l’Espagne.

En somme, la CEME appelle à une réponse « ferme et coordonnée » du gouvernement espagnol, à la hauteur de la singularité de Melilia, et à la mise en œuvre de mesures concrètes pour relever ses défis structurels. Elle se dit prête à collaborer à l’élaboration de solutions garantissant « un avenir digne et stable pour notre ville ».

Enfin, Enrique Alcoba exhorte l’exécutif à reconnaître Melilla comme région ultrapériphérique ou zone économique spéciale (ZES), des outils essentiels selon lui pour assurer le « développement et la prospérité » de la ville sur le plan social.

(avec EFE)