Santé : Tehraoui met en avant devant l'Africa CDC, les modèles de financement mis en oeuvre par le royaume

Financer la santé en Afrique, c'est la thématique de la session ministérielle de haut niveau organisée par Africa CDC, l'occasion pour Amine Tehraoui, ministre de la Santé de mettre en avant le modèle marocain en la matière.

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Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

« La souveraineté sanitaire de l’Afrique passe nécessairement par une réforme profonde et cohérente des mécanismes de financement de la santé, fondée sur la prévisibilité, la durabilité et l’efficience », a indiqué, samedi à Genève le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Terhaoui.

Intervenant lors d’une session ministérielle de haut niveau sur le financement de la santé en Afrique, organisée en amont de la 78ᵉ Assemblée mondiale de la santé (19-27 mai), le ministre a souligné que « la question du financement de la santé s’impose comme une priorité stratégique ».

“Elle constitue, a-t-il expliqué, un pilier essentiel pour bâtir une souveraineté sanitaire africaine, indispensable pour assurer à l’ensemble des populations un accès équitable à des soins de qualité et pour renforcer la résilience du continent face aux défis sanitaires futurs”.

Il a également mis en avant l’expérience marocaine en matière de modèles de financement hybrides et structurants, combinant financements publics, cotisations sociales et partenariats avec le secteur privé, appelant à une mutualisation des expériences réussies dans une vision panafricaine coordonnée.

Selon Tehraoui, la progression notable enregistrée ces dernières années dans le financement de la santé au Maroc a contribué à l’amélioration de plusieurs indicateurs de santé et à la réduction des charges financières directes supportées par les ménages.

Ainsi, « le budget du ministère de la Santé et de la Protection Sociale a connu une augmentation significative : il a plus que triplé entre 2010 et 2025 pour atteindre 32,6 milliards de dirhams, soit 7,2 % du budget général de l’État », a-t-il relevé.

“Cette augmentation traduit la volonté forte du gouvernement de mettre en œuvre les réformes structurelles, notamment celles relatives à la refonte du système national de santé”, a-t-il affirmé, notant que pour 2025, ce budget est réparti entre 23,57 milliards de dirhams de dépenses de fonctionnement et 9 milliards de dirhams d’investissements.

Organisée par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), sous le thème “Financer la santé en Afrique à l’ère nouvelle”, cette session a constitué une plateforme d’échange stratégique entre décideurs africains sur les moyens de mobiliser les ressources nationales, de promouvoir des mécanismes de financement innovants et d’accélérer la mise en œuvre de l’agenda de l’Union africaine en matière de santé.

Elle a également permis de renforcer l’approche “Une seule santé” dans un contexte marqué par les épidémies et les menaces sanitaires émergentes.

Les discussions ont favorisé une réflexion autour d’une feuille de route continentale claire pour la réforme du financement de la santé, centrée sur les objectifs de couverture sanitaire universelle et de sécurité sanitaire à l’échelle africaine, en mettant l’accent sur la nécessité d’un investissement durable, d’un financement équitable et d’un renforcement des systèmes de santé nationaux.

(Avec MAP)