Organisé par le ministère de la Justice, en partenariat avec l’Union européenne et le Conseil de l’Europe dans le cadre du programme tripartite MA-JUST, ce séminaire a pour objectif d’explorer les différentes approches adoptées dans les systèmes juridiques comparés, les méthodes d’évaluation mises en œuvre, ainsi que les enjeux et les défis liés à leur application pour la reconnaissance et le calcul de la valeur du travail domestique dans les procédures de divorce.
Cet événement vise également à créer des passerelles de coopération internationale et à contribuer à l’enrichissement des pratiques juridiques au Maroc.
Dans une allocution lue en son nom par la directrice de la coopération et de la communication, Rima Lablaili, le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi a souligné que la question de la reconnaissance juridique et économique du travail domestique non rémunéré de l’épouse occupait une place centrale dans les débats sociétaux, compte tenu de sa portée symbolique visant à rendre justice aux femmes, et de ses grands enjeux économiques et de développement.
“Le travail domestique, réduit pendant des décennies à la vision traditionnelle d’un devoir naturel imposé aux femmes”, est en fait un pilier fondamental de la stabilité familiale et un facteur déterminant dans la production de la richesse et la préservation de la cohésion économique, a relevé le ministre.
Le Maroc accorde une grande importance à la question de l’équité économique des femmes, a précisé Ouahbi, notant que ce chantier s’inscrit dans le cadre du projet de révision du Code de la famille, dans le but de consolider les fondements de la justice et de l’égalité et de garantir la dignité de tous les membres de la famille, à leur tête les femmes et les enfants.
Le ministère de la Justice est conscient que l’instauration d’une véritable égalité ne passe pas seulement par les textes, mais aussi par la reconsidération du travail invisible que des millions de femmes accomplissent dans leurs foyers, a-t-il ajouté.
“Le travail domestique non rémunéré (des femmes) est malheureusement souvent invisible et non reconnu dans les procédures de divorce”
De son côté, le chef de la délégation, adjoint de la délégation de l’UE au Maroc, Daniel Dotto, a noté que le travail domestique non rémunéré représentait une contribution essentielle à la stabilité du foyer, mais “il est malheureusement souvent invisible et non reconnu dans les procédures de divorce”.
Dans le cadre familial, “la reconnaissance du travail domestique devient donc une question essentielle de justice et de justice sociale, notamment lors des procédures de divorce”, a-t-il affirmé.
Pour sa part, la cheffe du Bureau du Conseil de l’Europe à Rabat, Carmen Morte Gomez, a souligné que ce Conseil visait, à travers sa participation à ce séminaire, à partager son expertise et ses expériences, et à prendre connaissance de l’expertise du Maroc dans la mise en œuvre de solutions adaptées à ses réalités locales.
Elle a expliqué que la question de la reconnaissance et du calcul de la valeur du travail domestique n’était pas seulement une question juridique ou économique, mais relevait d’une dimension sociale et humaine, ajoutant que la reconnaissance et la valorisation du travail domestique, encore majoritairement assuré par les femmes, touchent au cœur des valeurs universelles de dignité, d’égalité et de justice sociale.
Le programme du séminaire comprend deux sessions portant sur la valorisation du travail domestique dans les dispositions législatives des systèmes juridiques comparés, à travers la présentation d’expériences internationales.
(avec MAP)
